Guinée-Bissau : les coalitions PAI-TR et API appellent les forces armées à défendre la Constitution

Guinée-Bissau : les coalitions PAI-TR et API appellent les forces armées à défendre la Constitution

Les coalitions Plateforme de l’Alliance Inclusive -Terra Ranka (PAI-TR) et Alliance Patriotique Inclusive- Cabas Garandi (API-CG) ont appelé les officiers généraux, les sergents et les soldats des Forces de défense et de sécurité à préserver leur mission constitutionnelle de défense de la souveraineté nationale et de la population, en s’abstenant d’occuper les rues ou de persécuter les opposants politiques, selon les informations du Journal O Democrata.

L’appel des deux coalitions politiques de Guinée-Bissau figure dans un document intitulé « Manifeste politique national pour la démocratie, la légalité constitutionnelle et la sauvegarde de la souveraineté populaire », auquel la rédaction du journal O Democrata a eu accès. Ce manifeste invite tous les citoyens guinéens à se joindre à cette « lutte patriotique », indépendamment du candidat pour lequel ils ont voté lors de l’élection présidentielle.

Dans ce document, les signataires appellent tous les acteurs politiques et la société civile à rester fidèles à la Constitution de la République, à rejeter toute tentative de subversion des règles démocratiques et à promouvoir de manière responsable le dialogue et l’unité nationale.

Engagement et ouverte au dialogue, sans armes ni intimidation

L’opposition a réaffirmé son engagement et ouverture au dialogue, mais sans armes ni intimidation, selon O Democrata.

« À un moment décisif pour l’avenir de notre République, nous appelons les dirigeants politiques et la société civile à soutenir ce Manifeste politique national, qui défend sans relâche les valeurs fondamentales qui sous-tendent notre démocratie constitutionnelle », peut-on lire dans le document signé par les représentants des deux coalitions. Ces dernières affirment qu’il est essentiel de travailler ensemble pour garantir aux Guinéens un avenir juste et inclusif, sans laisser personne de côté, a relaté O Democrata.

Les signataires, selon le Journal, réaffirment leur défense de la stricte séparation entre le champ politique et les Forces de défense et de sécurité (FDS). Malgré les persécutions politiques et les violations systématiques des droits individuels de leurs membres et des droits politiques de leurs organisations, PAI-TR et API-CG affirment n’avoir jamais cessé de souligner l’impératif de préserver la distance institutionnelle entre les forces politiques et les FDS, principe structurant de l’État de droit démocratique et de la neutralité absolue des forces militaires et paramilitaires face à la compétition politique.

Pour les deux coalitions, les Forces de défense et de sécurité de Guinée-Bissau ont des missions claires, sans équivoque et inscrites dans la Constitution : garantir la souveraineté nationale, la paix, la stabilité, la sécurité des citoyens et le plein exercice des libertés fondamentales.

« Ces missions ont été accomplies, à des moments décisifs de notre histoire, avec honneur et reconnaissance, et elles doivent être affirmées et renouvelées aujourd’hui », soulignent-ils.

L’appel sans détour aux militaires

S’adressant directement aux militaires le manifeste déclare :

« Généraux, officiers, sergents et soldats des Forces de défense et de sécurité, à vous qui avez fait du serment au drapeau le fondement de votre vie, nous nous adressons avec le respect que mérite l’uniforme, mais aussi avec la vérité qu’exige la situation. Votre mission est inscrite dans la Constitution et non dans les ordres arbitraires de ceux qui ont été vaincus aux élections. Les soldats qui honorent l’uniforme protègent la démocratie, ils ne la répriment pas. », informe O Democrata.

D’après le Journal les coalitions insistent sur le fait que la loyauté des forces de défense et de sécurité doit aller exclusivement à la nation et affirment que le pays a besoin de personnel militaire et paramilitaire à ses frontières, pour défendre sa souveraineté et porter assistance aux populations en cas de catastrophe – et non pour occuper les rues, persécuter les citoyens ou détenir des prisonniers politiques. En ce sens, elles appellent les militaires à ne pas se rendre complices d’intérêts personnels qui ternissent l’image des forces armées.

Les signataires du Manifeste se déclarent disponibles pour un dialogue patriotique, franc, fraternel, responsable et sincère, en vue de surmonter la crise institutionnelle et démocratique actuelle qui, selon le document, « jette le discrédit sur tous devant la communauté internationale ». Ils réaffirment cependant que ce dialogue doit se dérouler sans armes et sans intimidation.

Dans leur manifeste, les coalitions affirment également être profondément préoccupées par une tentative systématique de détruire les acquis du processus démocratique du pays. Elles soutiennent que le mandat d’Umaro Sissoco Embaló a été marqué par des pratiques illégales, l’usurpation de pouvoirs, des violations répétées de la Constitution de la République et un mépris des institutions démocratiques. Parmi les faits cités figurent l’affaiblissement de la chaîne de commandement des forces de défense et de sécurité, qui les rend subordonnées à des intérêts personnels ; des preuves de la croissance du trafic de drogue avec la complicité possible de fonctionnaires ; l’abus, l’arbitraire, la division et le personnalisme de l’exercice du pouvoir ; l’utilisation indiscriminée et disproportionnée de la force répressive de l’État ; ainsi que la réduction au silence des voix dissidentes, les enlèvements, les agressions et les assassinats politiques en toute impunité

Author: La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *