Coubalan-Bignona : une étude sur les dynamiques et pratiques foncières en Basse Casamance restituée aux populations pour une bonne gestion de ces questions

Coubalan-Bignona : une étude sur les dynamiques et pratiques foncières en Basse Casamance restituée aux populations pour une bonne gestion de ces questions

La place centrale dans les dynamiques de développement économique, social et territorial au Sénégal, qu’occupe la question foncière a été à l’origine de la tenue d’une étude approfondie menée par des universitaires sur les arrangements fonciers locaux au niveau de cinq zones du pays. La restitution des résultats de ces travaux a réuni plusieurs acteurs clés de la population à Coubalan.

De l’avis de ces universitaires, l’accès à la terre, son usage et sa sécurisation conditionnent à la fois les systèmes de production agricole, les stratégies de subsistance des ménages ruraux, les investissements privés et la stabilité sociale au niveau local. Et dans le contexte actuel de croissance démographique, de pression accrue sur les ressources naturelles et de diversification des usages du sol, le foncier devient un enjeu stratégique, mais également un facteur de tensions et de conflits récurrents.

Ces enseignants du supérieur relèvent que le cadre juridique formel, dominé par la Loi sur le Domaine national, peine à répondre de manière efficace et adaptée à la diversité des situations locales. Les observations qui ont motivé cette étude démontrent que les difficultés d’application, les zones d’ombre juridiques et l’écart entre les normes officielles et les pratiques sociales ont favorisé l’émergence et la consolidation de multiples arrangements fonciers locaux.

Et selon, ces chercheurs, ces arrangements, souvent informels ou semi-formalisés, constituent des mécanismes pragmatiques par lesquels les acteurs locaux organisent l’accès, l’usage et la transmission de la terre en dehors des procédures administratives classiques.

Pour le Pr Hamath Dia UASZ, Coordonnateur scientifique de cette étude sur les dynamiques foncières en Basse Casamance, cette analyse globale n’épargne pas la Basse Casamance. Cette étude sur les dynamiques et pratiques foncières a porté sur deux collectivités territoriales dans la Basse Casamance, dont Coubalan, a-t-il précisé.

Le professeur Dia, coordonnateur scientifique de cette étude est par ailleurs sur le contour de cette recherche.  » C’est une recherche qui a démarré au mois d’août dernier par un état de l’art qui, par la suite, a été complété par une enquête exploratoire qui nous a déjà permis d’entrevoir dans quel sens orienter cette recherche. Nous avons par la suite mené une enquête approfondie auprès de différents acteurs dont les activités tournent autour de la terre pour prendre la mesure des différentes pratiques qui ont fait l’objet d’une systématisation. Nous avons estimé nécessaire, comme ça faisait partie aussi du protocole, de venir aujourd’hui partager les résultats de cette recherche avec les différents acteurs pour amendement et validation. », a-t-il expliqué.

Ainsi, cette restitution locale s’impose comme une étape structurante du processus de recherche.

L’adjoint au maire de Coubalan, Alfousseyni Sagna a jugé nécessaire que ces questions se traitent à la base, magnifiant cette rencontre.

Pour lui, la question de la terre doit être saisie avec beaucoup de prudence, beaucoup de sérieux, de méthodes, et parfois même passer par l’existant pour se projeter dans le futur.

 » Même si par moments la loi est venue régler la question de la terre, mais jusqu’à nos jours nous sommes dans notre confort, on n’a pas encore abandonné nos anciennes pratiques.  Alors pour ne pas être toujours hors de la loi, il est question d’aller interroger les communautés sur les pratiques qui se faisaient et peut-être, je ne sais pas, tenter de légiférer ou alors de s’accorder sur ce qui se fait. S’il y a lieu de formaliser ça, on le formalise, s’il y a lieu d’écarter certaines mauvaises pratiques, on les écarte. « , a déclaré l’adjoint maire de Coubalan.

Alfousseny Sagna apprécie cette démarche qui consiste à donner la voix aux populations sur ces questions liées à la problématique de la terre.

Pour l’adjoint au maire, il faut écouter les populations, leur permettre de s’exprimer librement pour comprendre les difficultés liées à la terre. 

Author: Casamance Info

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