Ziguinchor : immersion au camp de vacances agricoles (Tekki Fii) de jeunes femmes à Djibélor
À Djibélor, en Basse-Casamance, l’initiative Tekki Fii – « Réussir chez soi » – s’est matérialisée à travers un camp de vacances agricoles qui réunit une vingtaine de jeunes femmes. Ce projet, financé par l’Union européenne et porté par Agro Beydaare Sénégal en partenariat avec le Catholic Relief Services, s’inscrit dans une dynamique régionale : six fermes communautaires accueillent cet été près de 150 participantes dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. L’ambition est de transformer l’agriculture en levier d’autonomisation et de développement local, tout en offrant aux jeunes femmes des perspectives concrètes d’insertion économique.

Le secrétaire général d’Agro Beydaare Sénégal, Mama Samba Diao, insiste sur la portée stratégique de cette initiative : « Nous sommes ici pour montrer qu’il est possible de réussir chez soi. Le projet Tekki Fii vise à incuber les jeunes femmes dans un cadre pratique et théorique, afin qu’elles repartent avec des compétences solides en maraîchage, en entrepreneuriat, en gestion financière et en leadership. Ce que nous voulons, c’est qu’elles deviennent des actrices du développement territorial, capables de créer leurs propres activités et de soutenir leurs familles. » Pour lui, Tekki Fii est bien plus qu’un slogan : « C’est un concept qui doit produire des résultats palpables, économiques et sociaux. Il s’agit de donner aux jeunes des sources de revenus, de renforcer la souveraineté alimentaire et de contribuer à l’économie sociale et solidaire. »

À Djibélor, l’accueil est marqué par la gratitude et l’espoir. Étienne Kabo, chef du village, souligne : « Nous avons beaucoup de terres inexploitées. Si les jeunes s’organisent et se forment, le Sénégal peut avancer. La terre ne ment pas : tu la travailles, tu vois des résultats. » Il plaide pour que les formations soient élargies aux jeunes hommes, afin que toute la jeunesse locale puisse bénéficier de cette dynamique.
Parmi les participantes, Marietou Aïda Camara, cheffe de camp, témoigne avec passion : « L’agriculture est un métier qui ne connaît pas le chômage. Tout ce que tu plantes, tu en vois les bénéfices. Mon rêve est de créer ma propre entreprise agricole. J’ai déjà des terres, mais j’ai besoin d’encadrement et de financement pour réaliser mon projet. » Elle défend une agriculture paysanne et biologique, sans produits chimiques, et appelle les jeunes à être fiers de travailler la terre, héritage de leurs parents.

Au-delà de la formation, le dispositif renforce les comités de gestion locaux des fermes, afin d’ancrer durablement ces espaces communautaires dans le tissu économique régional. En Casamance, où le chômage des jeunes alimente souvent la migration irrégulière, ces « vacances agricoles » apparaissent comme une réponse concrète : elles offrent une alternative crédible, valorisent les ressources locales et redonnent confiance à une jeunesse en quête d’avenir.

À Djibélor, l’expérience est déjà porteuse d’espoir. Les jeunes femmes formées repartent avec des compétences pratiques, une nouvelle vision de l’agriculture et la conviction qu’il est possible de réussir chez soi. Le projet Tekki Fii, en misant sur l’autonomisation et la solidarité, trace ainsi une voie vers une prospérité partagée, enracinée dans la terre casamançaise.






