CIFAP 2026 : Tabara Ndiaye plaide pour la souveraineté alimentaire des femmes rurales
Niaguis, la cinquième édition du Camp international de formation en agroécologie paysanne (CIFAP) s’est ouverte dans la région de Ziguinchor, réunissant des délégations venues de dix pays d’Afrique de l’Ouest pour partager leurs savoirs et promouvoir des pratiques agricoles durables. Le thème central de cette édition est consacré aux techniques pratiques de conduite avicole en agroécologie paysanne.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Tabara Ndiaye, coordinatrice des fonds régionaux pour l’agroécologie en Afrique au sein du Fonds global pour l’agroécologie, a livré une déclaration forte sur l’appui de son organisation aux mouvements paysans, en particulier ceux portés par les femmes rurales. Pour elle, le CIFAP est « un espace naturel » qui permet à la fois de renforcer les capacités techniques et de construire des mouvements collectifs.
Le Fonds pour l’agroécologie, rappelle-t-elle, agit comme un pont entre les bailleurs – fondations, coopérations, individus – et les organisations de base. « Beaucoup de structures locales veulent accéder aux financements, mais les conditions sont trop lourdes. Nous collectons les fonds et les redistribuons à des partenaires comme Nous sommes la solution, afin que les communautés, surtout les femmes et les jeunes, puissent s’approprier leur souveraineté alimentaire », explique-t-elle. Produire localement pour consommer localement : tel est le credo défendu par le Fonds, qui accompagne les organisations à grandir et à imposer leurs choix alimentaires aux décideurs.

Tabara Ndiaye rappelle que le mouvement Nous sommes la solution, lancé en 2011 au Forum social mondial de Dakar, s’étend aujourd’hui à dix pays et poursuit son expansion. « Ce que nous voulons, c’est que les organisations qui nourrissent leurs communautés puissent imposer le type d’alimentation qu’elles veulent aux gouvernements et institutions internationales. Que ce qui arrive dans nos assiettes ne soit pas imposé de l’extérieur », insiste-t-elle. Face aux effets néfastes de la révolution verte et aux défis du changement climatique, l’agroécologie apparaît comme une réponse crédible, enracinée dans les savoirs traditionnels et les pratiques locales.

Après cinq ans de CIFAP, la coordinatrice se dit « très satisfaite » de constater que la famille s’agrandit chaque année, avec de nouveaux visages, de nouvelles organisations et de nouvelles dynamiques. Dans dix ans, elle espère voir le réseau atteindre vingt pays. Mais au-delà du financement, le Fonds entend désormais accompagner les membres à la base, afin qu’ils puissent mettre en œuvre leur vision des systèmes alimentaires dans leurs propres communautés. « Notre rôle n’est pas seulement d’apporter des ressources financières, mais de créer des espaces d’échange et d’apprentissage entre partenaires », conclut-elle, soulignant la générosité et l’engagement qui animent ce camp international.






