Santé en crise : le SAMES de Ziguinchor sonne l’alarme
Le secrétaire général du SAMES/Ziguinchor, Dr Marc Manga, a livré ce mardi 08 septembre 2026 une déclaration sans concession. Il y a dénoncé le silence des autorités face aux revendications du corps médical et confirmé une grève de deux jours. Pour lui, cette lutte dépasse les intérêts corporatistes : elle engage l’avenir du système de santé sénégalais et la dignité des professionnels.

Lors d’un point de presse tenu au Centre hospitalier régional de Ziguinchor, le Dr Marc Manga, secrétaire général du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), a pris la parole pour rappeler que le corps médical a fait preuve de patience et de responsabilité, mais que cette patience ne saurait être confondue avec une résignation. « Nous avons donné du temps aux autorités, nous avons privilégié le dialogue, mais le silence persistant est une absence de considération pour des professionnels qui constituent un pilier essentiel de notre système de santé », a-t-il déclaré.

Le syndicat exige l’élaboration d’un statut particulier pour le corps médical, incluant le recrutement obligatoire des jeunes diplômés, la titularisation jusqu’à 40 ans, l’avancement systématique et une retraite revalorisée à 80 % du dernier salaire net. « Il n’est pas acceptable que des carrières soient bloquées et que des professionnels qualifiés soient maintenus dans la précarité », a martelé Dr Manga.
La déclaration a également mis en avant l’urgence d’une gestion transparente des ressources humaines, avec l’intégration prioritaire des contractuels en zones difficiles et la clarification des plans de carrière. Sur le plan académique, le SAMES réclame une refondation de la formation médicale et spécialisée, garantissant des droits clairs, une protection sociale effective et des perspectives de carrière cohérentes.
Concernant les infrastructures, le syndicat appelle à une réforme accélérée de la carte sanitaire, avec la dotation de chaque région en scanners et IRM, des ambulances adaptées et des laboratoires fonctionnels. « Comment parler de qualité des soins quand des hôpitaux manquent d’équipements de base et que des patients doivent parcourir des centaines de kilomètres pour un diagnostic ? », a interrogé le secrétaire général.

Les revendications locales ont été largement soulignées : réhabilitation de l’hôpital de la Paix, subvention spéciale pour éponger sa dette, démarrage effectif de l’IRM régionale et construction du centre de santé de Bignona. Le syndicat fustige aussi la tentative de suppression de primes acquises, dénonçant une circulaire du ministère de la Santé datée du 19 août 2026.
« Défendre les conditions de travail des médecins, c’est défendre la qualité des soins offerts aux populations et l’équité territoriale », a insisté Dr Marc Manga, ajoutant que cette lutte est celle de la dignité, de l’équité et de la reconnaissance. Le SAMES appelle les autorités à ouvrir des négociations sérieuses et l’opinion publique à comprendre que cette mobilisation n’est pas une confrontation mais une exigence de justice.
La grève des 08 et 09 septembre 2026 est ainsi confirmée comme un acte de responsabilité syndicale. Le secrétaire général a conclu en appelant les membres à l’unité et à la discipline : « Nous demeurons attachés au service public de santé, mais nous refusons l’indifférence. Nous demeurons responsables, mais nous serons déterminés. »
Déclaration






