Rentrée doctorale 2026 : UASZ, l’exigence scientifique au service du développement

La rentrée doctorale de l’École Espaces, Sociétés et Humanités de l’Université Assane Seck de Ziguinchor s’est tenue ce samedi, réunissant enseignants, encadrants et doctorants venus parfois de loin. Plus qu’un rituel académique, cette édition a mis en lumière la valeur du doctorat comme sommet de la formation universitaire et levier de transformation sociale et économique.
Dès l’ouverture, le professeur Melyan Mendy, directeur de l’école doctorale, a donné le ton en saluant la présence des responsables de formation et des membres du conseil scientifique. Il a rappelé que « le doctorat est le plus haut diplôme de l’enseignement supérieur », insistant sur la légitimité et la responsabilité qu’il confère.

Pour lui, la thèse n’est pas un exercice abstrait : elle doit répondre à des problématiques concrètes de société et peut même devenir une entreprise innovante. « La thèse aussi, elle peut devenir une entreprise, un jour, si vous y croyez », a‑t‑il lancé, soulignant l’importance de l’entrepreneuriat et de l’insertion professionnelle dans le parcours doctoral.
Le professeur Sangoul Ndong, spécialiste de littérature française, a ensuite partagé son expérience sur l’art de la thèse. Ses conseils pratiques ont porté sur la gestion du temps et l’organisation méthodologique.

Il a insisté sur la discipline nécessaire pour éviter les retards et les abandons, rappelant que « trois années académiques doivent suffire pour faire aboutir une thèse ». Il a mis en garde contre les demandes de dérogation, souvent synonymes de fragilité institutionnelle, et encouragé les doctorants à adopter une conduite rigoureuse vis‑à‑vis de leurs encadrants et de la communauté universitaire.
Le président du collectif des doctorants, Ibrahima Sylla, a donné une dimension militante à cette rentrée. Dans un discours empreint de lucidité et d’engagement, il a reconnu les difficultés rencontrées par les doctorants : contraintes financières, accès limité aux ressources documentaires, exigences de publication, conciliation entre vie professionnelle et recherche. « Tout ne peut être rose et tout ne l’est », a‑t‑il admis, avant d’appeler à transformer ces obstacles en opportunités de croissance et de résilience.

Il a plaidé pour la création d’espaces modernes et collaboratifs, dotés de connexion de qualité, de salles de travail et d’accès aux ressources numériques, convaincu que « investir dans les conditions de travail des doctorants constitue un investissement stratégique pour l’avenir de la recherche ».
Le collectif a également annoncé un projet de partenariat avec une entreprise de médias, destiné à valoriser et vulgariser les travaux de recherche. Trop souvent confinées aux bibliothèques, ces thèses de qualité doivent, selon Sylla, « contribuer au débat de société et renforcer le dialogue entre la recherche et les citoyens ». Une initiative qui s’inscrit pleinement dans le thème de la conférence inaugurale : la recherche doctorale au service du développement économique et social.
Au fil des interventions, les enseignants ont rappelé les sacrifices inhérents au parcours doctoral : manque de documentation, difficultés de terrain, fatigue, contraintes financières. « Parfois le ventre est vide, mais tout cela, c’est pour vous forger », a témoigné le professeur Mendy, insistant sur la résilience et l’abnégation nécessaires. L’école doctorale, a‑t‑il ajouté, s’efforce de mettre en place des formations complémentaires en méthodologie, rédaction scientifique, communication publique et pédagogie universitaire, afin de préparer les doctorants à devenir enseignants‑chercheurs, consultants ou entrepreneurs.

Avec plus de 42 thèses soutenues depuis décembre 2021, l’école affiche des résultats encourageants, mais les responsables n’ignorent pas les abandons qui jalonnent le parcours. L’objectif affiché reste clair : accompagner chaque doctorant jusqu’à la soutenance, au plus tard dans la cinquième année. La rentrée doctorale 2026 aura ainsi rappelé que le doctorat est une aventure intellectuelle exigeante, mais aussi une école de persévérance, de discipline et d’humilité, au service de la société et du développement.









