Festival Foumangaffe : La mangue, levier de développement en Casamance

Festival Foumangaffe : La mangue, levier de développement en Casamance

La commune de Balenghor a accueilli une initiative inédite : le festival Foumangaffe, consacré à la valorisation de la filière mangue. Porté par Bacary Seydi, directeur de publication de PME Info et facilitateur du projet, l’événement est né d’un constat alarmant : chaque année, plus de 125 000 tonnes de mangues sont produites au Sénégal, dont la moitié en Casamance, mais une grande partie finit gâchée faute de transformation et d’exportation. « Il faut réunir l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur mangue pour promouvoir et valoriser cette richesse », a-t-il expliqué.

Un choix stratégique etaudacieux : Balingore

Le choix de Balingore illustre une volonté de rupture. Commune pionnière, elle a déjà organisé un forum économique en avril et lancé un projet de parc industriel.

« Quand on parle de parc industriel, on pense aux grandes villes. Mais Balenghor a osé. C’est une grande première pour une commune rurale », a insisté Seydi.

Diaspora et jeunesse : moteurs du changement

Le festival se veut aussi un pont avec la diaspora, invitée à investir dans la filière au-delà des simples transferts financiers. La mangue, filière porteuse, offre des opportunités de création d’emplois et de richesses pour les jeunes et les femmes. L’exposition a révélé une diversité de produits dérivés : jus, mayonnaise, chakris, mais aussi plus de 200 recettes culinaires codifiées par des chefs sénégalais. « Les jeunes sont entrepreneurs, mais ils ont besoin d’accompagnement pour passer du stade artisanal au semi-industriel », insiste Seydi, saluant l’appui du ministère de l’Industrie et du Commerce.

Un potentiel à renouveler

Dr Youssouf Sané, maire de Balingore, a rappelé que la majorité des manguiers actuels ont été plantés par les générations précédentes.

« À nous de renouveler ce potentiel. La mangue peut transformer notre commune et offrir des opportunités à la jeunesse féminine. », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la transformation et de la formation, notamment pour les femmes.

L’État en appui, les producteurs en première ligne

Papa Sandène Sène, sous-préfet de Tendouck, a mis en avant l’engagement de l’État, qui a facilité l’accès au foncier et encouragé les partenariats.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer la production locale et de garantir un accès équitable aux terres pour les femmesun enjeu fondamental pour l’avenir. « Les vrais acteurs du développement sont les producteurs, les agro-producteurs. Retourner vers la terre, travailler la terre », a-t-il martelé. 

Un avenir durable

Au-delà des discours, le festival Foumangaffe a révélé une ambition : faire de la mangue un symbole de renaissance économique pour la Casamance. Avec l’appui de l’État, l’audace des communes, l’énergie des jeunes et l’investissement de la diaspora, la filière peut devenir un modèle de développement durable. Comme l’a résumé Bacary Seydi : « Ce festival n’est pas pour nous, il est pour Balingore, pour la Casamance, pour le Sénégal ».

Author: Casamance Info

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