Bignona : Les infirmiers interpellent sur leurs conditions de travail
La célébration de la Journée internationale des infirmiers et infirmières, habituellement fixée au 12 mai mais exceptionnellement tenue le 20 juin dans le district sanitaire de Bignona, a été marquée par un plaidoyer vibrant des soignants. Dans une atmosphère de mobilisation, ils ont dénoncé les conditions précaires dans lesquelles ils exercent et appelé les autorités à des réformes urgentes.
Les infirmiers, premiers maillons de la prise en charge sanitaire, travaillent dans des zones enclavées où l’accès aux structures est souvent rendu impossible par l’état des routes. « Surtout avec des états de route très impraticables, les infirmiers ont eu l’objet nécessaire d’être au service de la population », a expliqué Tidiane Mané, membre de l’association des infirmiers de Bignona, porte-parole en cette circonstance.

À ces difficultés s’ajoute le manque criant de moyens logistiques : absence d’ambulances, de motos ou de véhicules pour les évacuations d’urgence. « Imaginez les femmes en cas d’urgence dans un poste de santé où il n’y a pas de véhicule ni d’ambulance », a-t-il insisté.
La précarité du recrutement est également au cœur des préoccupations. La majorité des agents sont des contractuels, contraints de renouveler chaque année des contrats fragiles, sans perspective d’intégration dans la fonction publique.

Le médecin-chef du district, Dr Mamadou Lamine Sagna, a confirmé cette réalité : « Il y en a certains qui ont fait plus de dix ans aujourd’hui, ils n’ont même pas de contrat de travail au ministère de la Santé. » Malgré cette situation, les infirmiers continuent d’assurer leur mission avec courage et abnégation, mais leur engagement ne peut indéfiniment compenser l’absence de reconnaissance institutionnelle.
Le plaidoyer lancé lors de cette célébration est clair : améliorer l’accès aux structures sanitaires par la réhabilitation des routes, renforcer les équipements logistiques, stabiliser le recrutement en intégrant les agents dans la fonction publique et assurer le doublement des postes pour éviter qu’un seul agent soit contraint de rester disponible jour et nuit. « Tous les postes se valent. Imaginez un agent de santé qui est seul dans un poste, il ne peut pas rester là-bas 24 heures sur 24 », a rappelé Tidiane Mané, soulignant l’urgence d’une réforme.

Cette journée, au-delà de son caractère symbolique, a permis aux infirmiers et infirmières de faire entendre une voix collective : celle de professionnels indispensables à la santé publique, mais trop souvent laissés dans l’ombre. Leur message est sans équivoque : sans conditions de travail dignes, il sera difficile de maintenir la qualité des soins et de répondre efficacement aux besoins des populations.












