Ziguinchor : l’intersyndicale de l’Hôpital de la Paix annonce une série de grèves générales en septembre pour exiger des solutions concrètes
L’intersyndicale de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, regroupant le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens‑dentistes du Sénégal (SAMES), le Syndicat national des travailleurs de la santé (SYNTRAS) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS), alerte une nouvelle fois sur la gravité de la crise qui mine l’établissement hospitalier de référence à Ziguinchor et en Casamance.
Après des discussions infructueuses avec la direction, convoquées par l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale, les syndicats dénoncent des engagements conditionnels et des promesses sans lendemain.

« Un hôpital ne peut pas vivre de promesses », déclare le Dr Ousmane Diba, secrétaire général du SAMES et coordonnateur de l’intersyndicale. « Nous disons stop à l’attentisme. Derrière chaque panne, il y a un patient ; derrière chaque retard, une prise en charge compromise ; derrière chaque défaillance, un risque supplémentaire pour la vie des populations. »
Au cœur des revendications, la mise en service effective de l’IRM destinée à toute la Casamance, attendue depuis des années mais toujours non opérationnelle. L’intersyndicale réclame également la remise en état des équipements essentiels au diagnostic, tels que la radio numérique télécommandée et la radio panoramique dentaire. « L’IRM, nous voulons du concret, pas une nouvelle promesse », insiste Dr Diba. « La santé n’est pas une promesse. Le diagnostic n’est pas une promesse. La sécurité des patients n’est pas une promesse. »

Face à l’absence de réponses tangibles, l’intersyndicale met en œuvre son deuxième plan d’action pour le mois de septembre 2026, centré sur une série de grèves générales et d’évaluations successives. Le calendrier est précis : grève générale les 3 et 4 septembre, suivie d’une évaluation le 7 ; nouvelles grèves les 8 et 9, puis le 14 et le 15 ; évaluations les 10, 16 et 30 septembre ; grève générale les 23 et 24 septembre ; enfin, un sit‑in le 30 septembre de 10 h à 12 h avec la base. « Tant qu’une décision concrète et vérifiable ne sera pas prise, le mot d’ordre ne sera pas levé », prévient Dr Diba. Les syndicats assurent que toutes ces mobilisations se dérouleront dans le respect des urgences et du service minimum, car leur détermination n’est pas dirigée contre l’hôpital mais pour l’hôpital.
Outre l’IRM et les équipements, quatre dossiers majeurs sont jugés urgents : la gestion des déchets biomédicaux avec l’installation d’un incinérateur, la réhabilitation des infrastructures dégradées (toitures, plafonds, voiries, canalisations), l’investissement pour moderniser l’hôpital, et la mise en place d’une gouvernance transparente incluant l’élection des délégués du personnel, la commission technique et un auditeur interne. Au total, vingt‑deux revendications structurent la bataille de l’intersyndicale : équipements, examens biologiques, droits financiers, cotisations sociales, effectifs, hygiène et sécurité, infrastructures, modernisation et dette de l’établissement.

« Le temps des promesses est révolu », conclut Dr Ousmane Diba. « Nous voulons des décisions, nous voulons des actes, nous voulons des résultats. Dialoguer ne signifie pas attendre indéfiniment. Le dialogue doit produire des décisions, les décisions doivent produire des actes, et les actes doivent produire des résultats. C’est à cette condition seulement qu’une sortie de crise pourra être envisagée. »






