Yankhoba Diémé : cinq jours de proximité en Casamance, entre message présidentiel, ferveur populaire et clarification politique
Cinq jours durant, le Ministre des Forces Armées, Yankhoba Diémé, a sillonné la région de Ziguinchor pour une tournée de proximité qui restera marquée par la ferveur populaire, les prières des autorités religieuses et coutumières, ainsi que des déclarations politiques fortes. Envoyé par le Chef de l’État pour transmettre un message aux dignitaires de la Casamance, Yankhoba Diémé a profité de cette mission pour recueillir les doléances des populations, rappeler les projets structurants en cours et répondre aux critiques qui l’accusent de trahison.

À Kataba 1, lors de la Ziarra du Cheikhna Mahfouz Aïdara, le Ministre a insisté sur la force des prières formulées pour la paix en Casamance et au Sénégal. Il a confié qu’un message privé « très puissant et très fort » lui avait été remis pour le Président de la République, preuve de la confiance des autorités religieuses dans le processus de paix.
Les doléances recueillies, jugées « fructueuses », sont déjà en grande partie intégrées au Plan Diomaye pour la Casamance, ce qui témoigne de l’attention portée par l’État aux préoccupations locales.Sur le plan des infrastructures, Diémé a mis en avant la route Bignona–Diouloulou et le tronçon Kataba–Darsalam, dont les études de faisabilité sont en cours. Ces projets traduisent la volonté présidentielle de désenclaver la région et de renforcer son intégration économique.La tournée a également été marquée par une mobilisation populaire inattendue.
À Ziguinchor, Bignona et dans le Fogny, les populations sont sorties spontanément pour accueillir le Ministre, démentant les menaces et rumeurs relayées par certains adversaires. « Il a été dit que je ne mettrai pas le pied à Ziguinchor… J’y ai mis le pied. Le débat se déplace », a‑t‑il lancé, dénonçant les manipulations sur les réseaux sociaux et les tentatives de récupération politique.
Face aux accusations de trahison, Diémé a livré une clarification structurée. Il a posé une thèse selon laquelle certains Casamançais estiment qu’il aurait empêché la région d’avoir un président issu de ses rangs, une antithèse rappelant qu’en 2024 le choix présidentiel n’a pas porté sur un fils de la Casamance, et une synthèse concluant qu’il n’y a pas de trahison, car le choix de Bassirou Diomaye Faye était « le meilleur choix ». Cette explication, qu’il avait anticipée être tronquée et manipulée sur les réseaux sociaux, a été réaffirmée avec pédagogie devant les populations.
Le Ministre a ensuite adressé un message fort à la jeunesse de Kiiraay, l’appelant à s’engager dans la construction politique par le travail de terrain : « Nous courons plus vite, nous frappons plus fort, nous sautons plus haut… Allez bâtir les cellules, de porte à porte, de mosquée à mosquée, d’église à église. L’avenir est si proche, la victoire est devant nous. » Il a insisté sur l’unité et la fraternité comme moteurs de l’action politique, invitant les jeunes à éviter les confrontations et à privilégier la mobilisation constructive.
Sur le plan institutionnel, Diémé a rappelé que son rôle de Ministre des Forces Armées ne se limite pas à la stratégie militaire mais s’inscrit dans une conception politique de la sécurité nationale. « Nous devons être là pour planifier, pour agir, et protéger chaque Sénégalais », a‑t‑il affirmé, insistant sur la responsabilité gouvernementale face aux menaces et aux critiques. Il a également rappelé que le ministère n’a été dirigé par des militaires que deux fois depuis l’indépendance, soulignant son rôle politique et civique dans la consolidation de la paix.
Enfin, il a conclu sur une note démocratique : « Au bout du bout, que le meilleur gagne, c’est ça la démocratie. » Cette tournée, ponctuée de ferveur populaire et de prières pour la paix, a permis à Yankhoba Diémé de consolider son rôle de relais politique et institutionnel du Chef de l’État en Casamance, tout en clarifiant sa position face aux critiques et en mobilisant la jeunesse autour des projets de développement et de stabilité nationale.






