Casamance : environ 50 milliards pour transformer la paix en développement
Dans une région longtemps meurtrie par la crise, le Projet de Développement Économique de la Casamance (PDEC) s’impose comme une arme de paix et de prospérité. À Ziguinchor, le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement et la Banque mondiale ont lancé un message fort : la stabilité ne se négocie pas seulement autour d’une table, elle se construit par des routes, des écoles, des emplois et la dignité retrouvée. Avec un financement additionnel de 85 millions de dollars américains, soit environ 50 milliards de FCFA, la Casamance et Kédougou entrent dans une nouvelle ère où le développement devient le socle de la paix.

Un projet qui change la donne
Balla Moussa Fofana, Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement a frappé fort :« Le PDEC démontre qu’il est possible de construire la paix par le développement. »
Les résultats sont déjà tangibles : 433 000 bénéficiaires, 324 infrastructures communautaires, 131 km de pistes rurales, 3 200 emplois créés et 5 000 personnes formées. Dans les villages, les femmes lancent des activités génératrices de revenus, les jeunes trouvent des perspectives économiques et les producteurs accèdent enfin aux marchés.
Un financement colossal : environ 50 milliards FCFA
Avec l’apport additionnel de 85 millions de dollars américains, soit environ 50 milliards de FCFA, le projet change d’échelle : l’extension vers Kédougou. Un réseau de pistes porté à 300 km. Le renforcement des chaînes de valeur agricoles et halieutiques. La création d’emplois ciblés pour les jeunes et les femmes.
« Il ne s’agit pas simplement d’augmenter les ressources d’un projet. Il s’agit de changer d’échelle », a martelé le Ministre.

Le défi du décaissement
La Banque mondiale, par la voix de Dr Mame Safietou Djamil Gueye, a salué les acquis mais alerté sur un obstacle critique :« Le taux de décaissement demeure en deçà des niveaux attendus. Un faible décaissement, c’est un financement qui tarde à se traduire en réalisations concrètes pour les populations. »
Elle appelle à une planification rigoureuse, une fluidité des procédures et une redevabilité renforcée pour accélérer l’exécution et éviter que les investissements ne perdent leur valeur.
Quatre priorités pour l’avenir
Le financement additionnel s’articule autour de quatre axes stratégiques :
Consolider les acquis. Placer l’emploi des jeunes et des femmes au cœur des interventions.Renforcer les chaînes de valeur avec le secteur privé. Étendre la couverture vers Kédougou.
Casamance, laboratoire national
Au-delà des chiffres, le PDEC replace la dignité humaine au centre du développement : 203 villages accompagnés dans les retours de populations, 6 700 ménages soutenus dans leur réinstallation, écoles et postes de santé réhabilités.« La stabilité ne se construit pas uniquement autour d’une table de négociation. Elle se construit aussi par l’accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, par la création d’emplois et par la dignité retrouvée », a insisté le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement, Balla Moussa Fofana.
La Casamance devient ainsi le premier grand laboratoire de la transformation territoriale du Sénégal, un modèle de référence pour la Vision Sénégal 2050.










