Bras de fer institutionnel : des députés PASTEF dénoncent la saisine du Conseil constitutionnel par le Président
Un nouvel épisode de tension politique secoue le Sénégal. Dans un communiqué officiel, plusieurs députés du groupe parlementaire PASTEF–Les Patriotes, menés par Mohamed Ayib Salim Daffé, contestent la décision du chef de l’État de saisir le Conseil constitutionnel au sujet du projet de révision constitutionnelle.

Un revirement présidentiel qui alimente la défiance
Les parlementaires accusent le Président de la République d’avoir renié son engagement initial. Dans une correspondance officielle, il avait annoncé son intention de soumettre le texte à un référendum, une orientation confirmée par le ministre de la Justice devant l’Assemblée nationale. Pour les élus de PASTEF, la saisine du Conseil constitutionnel traduit une volonté de bloquer la voie référendaire et de reprendre la main sur un processus déjà enclenché.
Ils y voient une manœuvre politique destinée à neutraliser l’élan populaire autour de la consultation directe des citoyens. Ce changement de cap, selon eux, fragilise la confiance institutionnelle et accentue les tensions dans un contexte où la transparence et la stabilité démocratique sont essentielles.
La légitimité du vote parlementaire au cœur du débat
Les signataires du communiqué rappellent que le projet de révision constitutionnelle a été adopté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, seuil exigé par la jurisprudence du Conseil constitutionnel. À leurs yeux, cette adoption confère au texte une valeur définitive, rendant inutile et juridiquement infondée la saisine présidentielle.
Ils insistent sur le fait que le contrôle de constitutionnalité ne peut intervenir qu’à l’issue complète de la procédure législative. Confiants, ils estiment que le Conseil constitutionnel devrait rejeter le recours et permettre la promulgation de la révision. Pour eux, il s’agit d’une bataille de principe : défendre la souveraineté du Parlement et empêcher que l’exécutif ne s’arroge un droit de veto sur une décision déjà validée par les représentants du peuple.
Le communiqué est signé par Mohamed Ayib Salim Daffé, Abdoulaye Tall, Fatma Mbodj, Abdoulaye Sow, Awa Sonko et Anne Marie Yacine Tine. La décision du Conseil constitutionnel, encore attendue, sera déterminante pour la suite du processus et pourrait redessiner les équilibres institutionnels.






