Prise en charge holistique des victimes de VBG : vers un guichet unique en Casamance

Prise en charge holistique des victimes de VBG : vers un guichet unique en Casamance

À Sédhiou, Ziguinchor et Kolda, la lutte contre les violences basées sur le genre prend une nouvelle dimension. Porté par le ministère de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité, un protocole multisectoriel vient renforcer la prévention et la prise en charge des victimes, avec l’ambition d’installer des centres holistiques dans toutes les régions du Sénégal.

Madame Diallo Rokhaya Diop, représentant la Direction nationale de la Famille, a rappelé l’urgence de la situation : selon la dernière étude réalisée par l’ANSD avec l’appui du système des Nations Unies, 31,9 % des femmes au Sénégal sont victimes de violences, avec un taux de 23,7 % relevé dans la région de Sédhiou. « On ne peut pas rester un jour sans qu’un cas de violence ne nous soit rapporté », a‑t‑elle souligné, insistant sur la nécessité d’une réponse coordonnée.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet Karangué, qui vise l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles, tout en ouvrant des perspectives d’autonomisation. L’atelier organisé sur deux jours a réuni les acteurs de la sécurité, de la santé, de la justice et de la communication pour réfléchir à un système intégré de prévention et de prise en charge.

Le ministère de la Famille a déjà élaboré un deuxième plan d’action national pour l’éradication des violences basées sur le genre et la promotion des droits humains. Ce plan s’accompagne d’un protocole de collaboration multisectorielle signé avec cinq ministères clés : Santé, Justice, Intérieur, Forces armées et Jeunesse. L’objectif est clair : mettre fin aux va‑et‑vient épuisants des victimes entre les services et instaurer un guichet unique où chaque acteur joue son rôle dans un dispositif harmonisé.

Des centres de prise en charge holistique existent déjà à Fatick, Kaolack et Kafrine, ainsi qu’un centre national de référence construit à Dakar. Mais l’ambition est d’aller plus loin : « Nous voulons qu’il y ait un centre dans chacune des 14 régions du pays », a affirmé Mme Diop. À terme, chaque victime pourra bénéficier d’un accompagnement médical, psychosocial, juridique et sécuritaire, sans rupture dans le parcours de prise en charge.

Cette initiative marque une étape décisive dans la lutte contre les violences basées sur le genre en Casamance et au Sénégal. Elle traduit une volonté politique forte : transformer la douleur des victimes en un combat collectif, porté par l’État et ses partenaires, pour une société plus juste et plus solidaire.

Author: La rédaction

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