Ziguinchor : la Convention État-Employeurs vulgarisée pour renforcer les coopératives et l’emploi local

La Direction de l’Emploi, en collaboration avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), a mené à Ziguinchor une vaste opération de sensibilisation autour de la Convention nationale État-Employeurs. Au cœur de cette initiative, la coopérative Agro-Zig, symbole de l’entrepreneuriat féminin en Casamance, illustre les ambitions de ce dispositif destiné à soutenir les coopératives et entreprises de l’économie sociale et solidaire à travers la mise à disposition de profils qualifiés.

À Ziguinchor, les autorités étatiques et leurs partenaires techniques entendent donner un nouvel élan aux coopératives de production et de transformation grâce à une meilleure appropriation de la Convention nationale État-Employeurs. Cette démarche s’est matérialisée par une visite de terrain à la coopérative Agro-Zig, la plus importante organisation regroupant les femmes transformatrices de produits agroalimentaires de la région.

Pour la Direction de l’Emploi, cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts déjà consentis par le Bureau international du Travail (BIT) à travers le projet ADIGEF, qui a accompagné la création et la structuration de plusieurs coopératives. L’objectif est désormais de consolider ces acquis et d’offrir à ces structures les ressources humaines nécessaires à leur développement.

« Nous sommes venus en prolongement du travail important que le Bureau international du Travail a fait à travers le projet ADIGEF », a expliqué Cheikh Amadou Abdoul Gueye, directeur de l’Emploi au ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique. Selon lui, la Convention État-Employeurs constitue aujourd’hui un instrument stratégique pour soutenir les coopératives grâce à la mobilisation de compétences adaptées à leurs besoins.

Le responsable a rappelé que cette convention, mise en place par le gouvernement du Sénégal, comporte une composante spécifique dédiée aux coopératives et aux entreprises sociales et solidaires. Celle-ci permet notamment la mise à disposition de profils qualifiés dont les coûts sont partagés entre l’État et la structure bénéficiaire.

Pour les autorités, il s’agit d’un levier essentiel permettant aux organisations locales d’accéder à des ressources humaines souvent difficiles à mobiliser en raison de leurs contraintes financières. « Nous voulons utiliser cet important instrument pour accompagner ces braves femmes qui se sont organisées et qui interviennent sur toute la chaîne de valeur de la transformation agroalimentaire », a indiqué M. Gueye.

La mission menée à Ziguinchor visait ainsi à informer les acteurs locaux sur les possibilités offertes par ce mécanisme, mais également à favoriser son appropriation par les bénéficiaires eux-mêmes. Après des échanges avec des acteurs techniques, les responsables ont voulu privilégier une démarche de proximité en allant directement à la rencontre des membres de la coopérative.

Cette approche est saluée par l’Organisation internationale du Travail, qui accompagne depuis plusieurs années les initiatives d’économie sociale et solidaire dans la région de la Casamance.

Pour Samira Daoud, directrice du bureau de l’OIT pour l’Afrique de l’Ouest basée à Dakar, la coopérative Agro-Zig représente aujourd’hui une réussite majeure en matière d’organisation économique féminine. Elle rappelle que l’intervention de l’OIT a d’abord consisté à fédérer des femmes qui évoluaient de manière dispersée afin de leur permettre de parler d’une seule voix et de mutualiser leurs efforts.

« La coopérative Agro-Zig est la plus grande coopérative de femmes transformatrices de produits agroalimentaires de Ziguinchor. Nous avons accompagné sa création, permis à ces femmes de se rassembler, de se structurer et de se renforcer mutuellement », a-t-elle souligné.

Au-delà de la création de la structure, l’accompagnement s’est poursuivi dans les domaines de la transformation, de la commercialisation et du renforcement organisationnel. La visite effectuée à Ziguinchor a ainsi permis de mesurer les progrès réalisés, mais également d’identifier les difficultés qui subsistent.

Si les avancées sont réelles, les défis demeurent nombreux. Accès aux marchés, amélioration des capacités techniques, professionnalisation de la gestion ou encore recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée figurent parmi les problématiques auxquelles les coopératives restent confrontées.

C’est précisément sur ce dernier aspect que la Convention État-Employeurs pourrait jouer un rôle déterminant. Grâce au dispositif mis en place par le ministère de l’Emploi, les coopératives peuvent bénéficier de compétences adaptées pour renforcer leur compétitivité et soutenir leur croissance.

« Cette convention peut être un outil pour ces coopératives afin de grandir et de pouvoir recruter une main-d’œuvre qualifiée dont elles ont besoin », a insisté Samira Daoud.

Pour l’OIT comme pour la Direction de l’Emploi, la dynamique engagée repose sur une complémentarité des interventions. Après la structuration et le renforcement institutionnel soutenus par les partenaires techniques et financiers, notamment la coopération italienne au développement, l’heure est désormais à la consolidation et à l’expansion des activités économiques.

Cette synergie traduit une volonté commune de faire des coopératives de véritables moteurs de développement territorial, de création d’emplois et d’autonomisation économique des femmes. À travers la sensibilisation autour de la Convention État-Employeurs, les autorités espèrent ainsi ouvrir de nouvelles perspectives aux organisations de l’économie sociale et solidaire de la région.

À Ziguinchor, le message a été clair : l’emploi, la qualification professionnelle et l’accompagnement des organisations de base doivent désormais avancer main dans la main pour transformer les initiatives locales en véritables entreprises créatrices de richesses et d’opportunités durables.

Author: La rédaction

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