À quelques jours de la reprise des cours, le Comité départemental de développement (CDD) consacré à la préparation de la rentrée scolaire 2026-2027 a dressé un diagnostic détaillé du système éducatif de Bignona. Malgré des résultats scolaires encourageants, le département reste confronté à d’importants défis liés au manque d’enseignants, aux infrastructures insuffisantes et aux besoins en équipements.

Le département de Bignona s’apprête à accueillir plus de 80 000 apprenants pour l’année scolaire 2026-2027. Les données présentées lors du Comité départemental de développement (CDD) préparatoire de la rentrée témoignent d’une forte dynamique éducative, mais révèlent également plusieurs contraintes susceptibles d’affecter les conditions d’apprentissage.
Selon les statistiques des Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Bignona 1 et Bignona 2, les structures de la petite enfance enregistrent 14 160 enfants, l’enseignement élémentaire compte 43 955 élèves tandis que le cycle moyen en accueille 22 160. Ces chiffres confirment l’importance du département dans le dispositif éducatif de la région de Ziguinchor.
Toutefois, cette progression des effectifs accentue les besoins en ressources humaines. Dans le secteur de la petite enfance, les deux IEF disposent de 386 éducateurs alors qu’un déficit de 66 agents est signalé. Dans l’enseignement élémentaire, les effectifs enseignants s’élèvent à 2 015, mais 196 postes supplémentaires demeurent nécessaires pour répondre aux besoins. À cette situation s’ajoute un manque de trois inspecteurs, particulièrement ressenti au niveau de l’IEF Bignona 1.

Les infrastructures scolaires continuent également de constituer un défi majeur. Le département recense encore plus de 520 abris provisoires utilisés dans les différents cycles d’enseignement. Plusieurs établissements sont confrontés à l’insuffisance de points d’eau et de blocs sanitaires, tandis que les besoins en mobilier scolaire restent importants avec plus de 8 000 tables-bancs à réhabiliter ou à acquérir.
L’hivernage a par ailleurs causé plusieurs dégâts dans certains établissements. À l’école élémentaire de Diaboudior, dans la commune de Suelle, une salle de classe s’est complètement effondrée après la chute d’un arbre. À Dibarang, dans la commune d’Oulampane, un vent violent a emporté la toiture d’un bâtiment abritant trois salles de classe. Le CEM d’Ouonck a également subi des dommages au niveau d’un bloc pédagogique après la chute d’une grosse branche, tandis qu’au CEM de Coubalan, un bâtiment de deux salles de classe présente un état de dégradation avancé.
Face à ces difficultés, des mesures d’accompagnement ont été engagées. La commune de Bignona a procédé à la distribution de 550 tables-bancs au profit des écoles publiques. Dans plusieurs localités, des travaux de construction et de réhabilitation sont en cours grâce à l’appui de partenaires tels que le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers (PUMA) et la coopération hollandaise. Les collectivités territoriales apportent également leur contribution à travers des actions de réhabilitation, de clôture et de construction d’infrastructures scolaires.

Sur le plan des performances, les résultats enregistrés au cours de l’année scolaire 2025-2026 demeurent satisfaisants. Le taux de réussite au Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) a atteint 92,86 % dans l’IEF Bignona 1 contre 95,02 % dans l’IEF Bignona 2. Les résultats obtenus à la Dictée PGL suivent la même tendance avec des taux de réussite respectifs de 91,82 % et 96,33 %.
Fortes de ces acquis, les autorités éducatives ambitionnent d’améliorer davantage les performances au cours de la prochaine année scolaire. Les objectifs sont fixés à 94 % et 96 % de réussite au CFEE, avec une participation accrue des élèves aux concours d’excellence, olympiades et compétitions scientifiques.
Au regard de ces enjeux, la rentrée scolaire 2026-2027 apparaît comme un test majeur pour le système éducatif départemental. Entre recrutement d’enseignants, résorption des abris provisoires, amélioration des infrastructures et renforcement des équipements, la mobilisation des services de l’État, des collectivités territoriales, des partenaires et des communautés éducatives sera déterminante pour garantir à chaque apprenant un cadre d’enseignement de qualité.








