Cap Skirring-Élinkine : les femmes transformatrices et les acteurs de la pêche interpellent l’État sur les défis persistants du secteur

Entre déficit d’infrastructures, manque d’équipements, accès limité au financement et problèmes de conservation des produits halieutiques, les acteurs de la pêche artisanale de Cap Skirring et d’Élinkine ont profité du lancement officiel des travaux de construction de cinq unités modernes de transformation de poisson destinées au fumage et au salage-séchage pour faire entendre leurs préoccupations, ce jeudi 22 octobre. Face à la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, et à la représentante par intérim de la FAO au Sénégal, les femmes transformatrices, pêcheurs et responsables professionnels ont plaidé pour davantage d’investissements afin de renforcer les capacités du secteur et améliorer durablement leurs conditions de travail et de vie.

À Cap Skirring comme à Élinkine, les acteurs de la filière halieutique ont salué l’appui du Gouvernement du Sénégal, de la FAO et de leurs partenaires dans la modernisation du secteur. Ils ont toutefois profité de la cérémonie pour exposer les nombreuses contraintes qui freinent encore leurs activités.

Les femmes transformatrices de Cap Skirring, par la voix de Khady Diop, ont demandé la réhabilitation de la chambre froide en panne, la mise en place d’une usine de glace et un meilleur accès au financement. Elles ont également remercié la FAO pour les formations et l’accompagnement dont elles bénéficient depuis plusieurs années.

Le président des pêcheurs de Cap Skirring, Khalifa Guèye, a pour sa part insisté sur la nécessité d’équiper le nouveau quai de pêche en pontons d’accostage afin de faciliter les débarquements et améliorer les conditions de travail des pêcheurs. Il a également plaidé pour un renforcement du balisage maritime et pour un meilleur accompagnement des familles de pêcheurs, estimant que le développement des activités des femmes constitue un levier essentiel pour le bien-être des ménages et de toute la communauté.

Les pêcheurs et responsables de GIE ont également plaidé pour un meilleur balisage maritime, l’élargissement de la route d’accès au quai, la création d’une unité de transformation, d’une usine de farine de poisson ainsi que la mise à disposition d’une ambulance. Ils ont insisté sur le renforcement du financement des jeunes et des femmes afin de soutenir davantage les activités liées à la pêche artisanale.

À Élinkine, Sira Diémé, présidente des femmes transformatrices, a appelé à l’achèvement complet des infrastructures en cours, à la clôture et à la sécurisation du site, au développement de la pisciculture ainsi qu’à l’acquisition d’équipements performants et de moyens logistiques adaptés. Elle a aussi déploré l’absence d’une usine de glace, qui oblige les pêcheurs à engager des dépenses importantes pour s’approvisionner dans d’autres localités.

Au nom du Conseil local de pêche artisanale (CLPA), Moussa Teuw a insisté sur les besoins en équipements de conservation, en infrastructures électriques et en accompagnement financier, tout en rappelant le rôle central joué par les femmes dans la transformation et la commercialisation des produits halieutiques.

Réagissant à ces préoccupations, la ministre Amy Mara Dièye a souligné que les cinq unités modernes permettront d’améliorer les conditions de travail, de réduire les pertes post-capture, d’accroître les revenus des acteurs et de créer des emplois durables pour les femmes et les jeunes. Elle a également appelé à une gestion durable des ressources halieutiques face aux effets du changement climatique et à la pression croissante sur les stocks de poissons.

De son côté, la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentante par intérim au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les communautés bénéficiaires. Selon elle, ces investissements contribueront à renforcer l’autonomisation économique des femmes, à améliorer les revenus des ménages et à créer de nouvelles opportunités pour les jeunes.

Au-delà des nouvelles infrastructures, les acteurs de Cap Skirring et d’Élinkine attendent désormais des réponses concrètes à leurs principales doléances afin de faire de la pêche artisanale un véritable levier de développement économique et social en Casamance.

Author: La rédaction

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