Le Kassa : un territoire riche mais oublié – FOOFOLAAL veut transformer l’espérance en action

Le Kassa : un territoire riche mais oublié – FOOFOLAAL veut transformer l’espérance en action

Le département d’Oussouye, au cœur du Kassa, regorge de richesses : terres fertiles, façade maritime exceptionnelle, patrimoine écologique unique, jeunesse dynamique et femmes résilientes. Pourtant, il reste en marge des dynamiques nationales de développement. Ce paradoxe, qui prive la Casamance de son rayonnement, a poussé Habib Léon Ndiaye, ancien Gouverneur de Sédhiou et ex‑Secrétaire général du ministère de la Culture, à lancer le mouvement FOOFOLAAL – « ensemble » en diola – pour mobiliser les forces vives et porter leurs préoccupations jusque dans la sphère politique.

Un mouvement né de l’écoute des populations

Durant plusieurs mois, Habib Léon Ndiaye et ses compagnons ont sillonné villages et quartiers, rencontrant femmes, jeunes, pêcheurs, agriculteurs et artisans. « Partout, nous avons entendu les mêmes préoccupations, les mêmes attentes légitimes », a‑t‑il déclaré. Les inquiétudes sont multiples : chômage des jeunes, manque de financement pour les femmes, accès limité aux soins et à l’éducation, enclavement des villages insulaires, salinisation des rizières, fermeture du parc national de Basse‑Casamance, sous‑exploitation du patrimoine culturel et touristique.

Les axes prioritaires du mouvement

La gouvernance moderne et transparente, l’autonomisation des femmes, la jeunesse et l’entrepreneuriat, la santé, l’éducation, la culture et le tourisme, ainsi que la protection de l’environnement constituent les piliers du programme de FOOFOLAAL.

Habib Léon Ndiaye insiste sur la nécessité de restaurer la confiance entre élus et citoyens :« Nous voulons instaurer une gouvernance moderne, transparente et responsable, fondée sur la redevabilité. Chaque citoyen doit pouvoir suivre les projets, consulter les décisions publiques et accéder à l’information territoriale en temps réel. »
L’usage du numérique est présenté comme un outil central pour garantir cette transparence et associer les populations à la prise de décision.

Le mouvement veut faire des femmes un moteur du développement économique :« Une société ne peut progresser lorsque les femmes qui la portent au quotidien ne disposent pas des moyens nécessaires à leur épanouissement », a martelé Ndiaye.
Accès au financement, formation et soutien aux activités génératrices de revenus sont au cœur de cette priorité, afin que les femmes bénéficient pleinement des fruits de leur travail.

La jeunesse est considérée comme le moteur principal de la transformation territoriale.« Nous souhaitons créer un dispositif d’incubation et d’accompagnement des jeunes entrepreneurs, avec des formations qualifiantes dans des secteurs porteurs », a expliqué Ndiaye.

Le sport, l’agriculture moderne et la pisciculture sont identifiés comme des domaines stratégiques pour l’emploi des jeunes et la valorisation de leurs talents.

La santé maternelle et infantile est une urgence pour le mouvement.« Aucune mère ne doit mettre sa vie en danger pour accéder à des soins de qualité. Aucun enfant ne doit être privé de son droit à la santé », a déclaré Ndiaye.

En matière d’éducation, l’accent est mis sur l’excellence : plus de salles de classe, davantage d’équipements scientifiques et numériques, et un soutien particulier aux jeunes filles engagées dans les filières scientifiques.

Le patrimoine culturel et touristique est vu comme un levier majeur de développement.« Notre culture n’est pas seulement une mémoire à préserver, elle est aussi une richesse à valoriser et à transmettre », a‑t‑il insisté.

Le programme prévoit la réhabilitation des sites emblématiques, la relance des réceptifs hôteliers, la promotion digitale des expressions culturelles et la création d’industries créatives.

La préservation du territoire est au cœur des engagements de FOOFOLAAL.« Protéger notre environnement, c’est protéger notre avenir », a rappelé Ndiaye.

Le mouvement prévoit des programmes de reboisement, la restauration de la mangrove, la lutte contre l’érosion côtière et la salinisation des terres agricoles, ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable.

Un engagement républicain et politique

Habib Léon Ndiaye, président dudit mouvement, a tenu à préciser :« Je n’ai jamais été membre d’un parti politique. Mon engagement procède d’une seule conviction : servir mon territoire et mon pays dans le respect des valeurs de la République et du vivre ensemble. »
Le mouvement FOOFOLAAL participera aux prochaines élections locales, seul ou en alliance avec des entités partageant sa vision. « Le temps est venu de transformer les idées en actions. Le CASA mérite davantage », a‑t‑il lancé devant une foule mobilisée.

FOOFOLAAL se présente comme une réponse citoyenne et républicaine à l’injustice territoriale vécue par le Kassa. En mobilisant femmes, jeunes, autorités coutumières et religieuses, le mouvement entend bâtir un territoire pilote en matière de développement durable, d’innovation et de participation citoyenne. « Ensemble pour bâtir, ensemble pour servir, ensemble pour réussir », a conclu Habib Léon Ndiaye, scellant l’acte de naissance d’un projet collectif qui refuse la résignation et mise sur l’avenir.

Author: Casamance Info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *