Bignona : réalisation de la Boucle du Fogny, le collectif “L’Heure est Grave” exige la fin des promesses sans finAttaque
À Bignona, le collectif L’Heure est Grave a tenu un point de presse qui sonne comme un avertissement. Après plus de six décennies de promesses répétées et jamais concrétisées, les populations du Fogny exigent désormais des actes immédiats : la réalisation effective de la Boucle du Fogny, infrastructure vitale pour le désenclavement de la Casamance.

“L’heure est grave, mais notre détermination demeure intacte”, a déclaré El Hadji Kamara, président du collectif, devant une salle remplie de journalistes et d’invités. Pour lui, la situation est devenue intenable : “Vivre dans le Fogny aujourd’hui, c’est faire face quotidiennement au calvaire de l’isolement.”
Les témoignages recueillis illustrent la gravité du problème. Les agriculteurs dénoncent la perte de leurs récoltes faute de routes praticables. “Nos produits pourrissent sur place, nous travaillons pour rien”, a confié un jeune producteur. Les malades et les femmes enceintes, eux, doivent affronter des trajets périlleux pour atteindre un centre de santé. “Ce n’est plus une simple route, c’est une question de vie ou de mort”, a martelé Kamara.

Au‑delà du quotidien, c’est l’économie régionale qui est paralysée. L’absence de cette boucle routière freine les échanges commerciaux et pousse une partie de la jeunesse vers des activités illicites. “Ce n’est ni leur choix ni leur volonté, mais une réalité imposée par l’enclavement”, a dénoncé le collectif.
Depuis les années 1960, chaque régime a promis la réalisation de cette infrastructure stratégique. “Tous les présidents ont parlé de cette boucle avant d’arriver au pouvoir, mais une fois élus, le Fogny est oublié”, a rappelé Kamara, sous les applaudissements nourris.
Les revendications sont précises et non négociables :“Un calendrier clair, officiel et définitif de démarrage des travaux.”“La libération effective et transparente des budgets alloués.”

Le collectif prévient que la patience est arrivée à ses limites. “Trop de promesses, le Fogny exige sa boucle. Nous resterons debout, unis et déterminés tant que le premier centimètre de goudron n’aura pas été posé”, a conclu El Hadji Kamara.










