Casamance : l’agropole du Sud ouvre une nouvelle ère industrielle et sociale
La région de Ziguinchor s’apprête à franchir un tournant décisif avec la mise en place de l’agropole du Sud, projet structurant porté par l’État et soutenu par le secteur privé. Le Gouverneur Mor Talla Tine a rappelé que l’agriculture demeure au cœur de la relance économique locale, dans une région longtemps fragilisée.

À travers le pôle urbain d’Adéane, conçu sur 500 hectares, l’État entend rapprocher habitat, infrastructures et activités productives, en réduisant la distance économique et en favorisant la mixité sociale.

Le Gouverneur a insisté sur l’intégration des populations locales dans les espaces aménagés, tout en rassurant les investisseurs sur les efforts de stabilisation sécuritaire, notamment grâce au plan Jomaya pour la Casamance.
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a pour sa part présenté l’agropole du Sud comme le plus grand pôle industriel de la région, avec une superficie portée à 125 hectares. Contrairement aux projets classiques où l’État se désengage après la construction, celui-ci sera accompagné dans la durée afin de garantir aux entreprises l’accès à la terre, à l’eau et à l’électricité.

Déjà, une douzaine d’entreprises ont réservé des parcelles, et l’agropole vise la création de 30.000 à 35.000 emplois directs, ainsi que 14.000 emplois indirects. L’ambition est de transformer durablement la Casamance en hub industriel et agricole, capable d’élever le taux de transformation des produits agricoles, aujourd’hui limité à 15 %, pour se rapprocher des standards internationaux.Au-delà de l’anacarde, produit phare de la région, l’agropole intégrera la transformation des mangues, du soja, des huiles et d’autres filières, diversifiant ainsi l’économie locale. Les autorités ont lancé un appel vibrant aux jeunes et aux femmes pour saisir les opportunités offertes, en privilégiant le recrutement local et la valorisation immédiate des assiettes attribuées.

Ce projet, qui sera reproduit dans les neuf départements de la Casamance naturelle puis dans les 45 départements du Sénégal, marque une nouvelle étape industrielle et sociale : un modèle qui conjugue modernité, inclusion et sécurité, et qui ambitionne de faire de la Casamance un pôle économique majeur du pays.


Amidou DJO-OURO






