Casamance : Dar Salam, laboratoire de l’autonomisation des femmes rurales
À Dar Salam, dans l’arrondissement de Nyassia, la visite du directeur régional d’ONU-Femmes Afrique et de la représentante résidente au Sénégal, ce mercredi 9 septembre, a révélé une transformation profonde : des femmes qui, après des années de crise, reprennent en main leur destin. Entre champs d’arachide, unités de transformation, outils numériques et plaidoyer pour de nouvelles infrastructures, Dar Salam devient le symbole d’une Casamance où les femmes bâtissent l’avenir.

Dans une ambiance chaleureuse, le sous-préfet Moussa Aly Ba a campé le décor en soulignant « l’importance accordée aux femmes rurales, à leur contribution à l’économie locale et à leur rôle dans la reconstitution et le développement de la Casamance ». Pour lui, le retour des populations doit s’accompagner de conditions économiques solides : « Il doit permettre aux familles de vivre dignement et aux femmes de participer pleinement à la transformation de leur territoire. »
Les femmes de Dar Salam ont exposé leurs réalisations : champs d’arachide, moulin à mil, produits agroforestiers transformés. « Les femmes produisent, elles transforment, commercialisent, nourrissent les familles et contribuent à la sécurité alimentaire », a rappelé Moussa Aly Ba. Mais il a aussi pointé les défis : accès limité à la terre, manque d’équipements et fracture numérique. La remise d’ordinateurs portables, imprimantes et téléphones portables aux coopératives a été saluée comme « un geste particulièrement important », ouvrant la voie à une meilleure gestion et à une intégration dans les chaînes de valeur.

Arlette Mvondo, représentante résidente d’ONU-Femmes au Sénégal, a renforcé ce message : « L’autonomisation économique des femmes n’est pas un concept abstrait. Elle se mesure dans les revenus générés, dans les opportunités créées, dans la sécurité alimentaire renforcée et dans la confiance retrouvée de femmes qui prennent leur destin en main. » Elle a insisté sur le rôle moteur des femmes de Dar Salam : « Vous démontrez chaque jour que le changement est possible lorsque la détermination rencontre un accompagnement adéquat. »
Le plaidoyer des femmes, porté par Amy Diandy au nom des coopératives, a mis en avant deux priorités : la construction d’une unité de transformation et la restauration de la mangrove. « Nous avons aujourd’hui une conviction : quand on donne aux femmes les moyens de produire, elles nourrissent leurs familles, renforcent leurs communautés et construisent leur propre avenir », a-t-elle affirmé. Les femmes ont également annoncé disposer d’un fonds de 1 800 000 FCFA pour assurer la durabilité de leurs activités, preuve d’une autonomie financière croissante.

Au-delà des chiffres, ce sont des histoires de persévérance et de solidarité qui se dessinent. Les femmes de Dar Salam ne sont plus de simples bénéficiaires : elles sont devenues des productrices, des entrepreneures, des innovatrices et des bâtisseuses d’avenir. « Chaque investissement réalisé dans notre territoire doit produire des effets durables sur les générations présentes et futures », a conclu Moussa Aly Ba, invitant à poursuivre cette dynamique pour que la Casamance devienne un modèle de transformation inclusive.








