Ziguinchor : Les travailleurs du CROUZ sans salaire, le directeur Salif Baldé s’explique
Depuis plus de vingt jours, les agents permanents du Centre régional des œuvres universitaires de Ziguinchor (CROUZ) attendent leurs salaires. Une situation qui suscite colère et inquiétude, mais que le directeur, Pr Salif Baldé, qualifie de « très regrettable ». Lui‑même n’a pas encore perçu sa rémunération et insiste sur le fait que le blocage ne relève pas de sa responsabilité directe.

Le Pr Baldé rappelle que le Conseil d’administration (CA) avait voté en janvier 2026 un budget de 100 millions de F CFA, destiné à régulariser les agents déjà en poste. Une commission de régularisation, composée de la direction, des ressources humaines, du contrôle interne, de la cellule juridique et des représentants du personnel, avait été mise en place. Son procès‑verbal, validé en juin par le CA, confirmait que les 100 millions pouvaient régulariser 29 agents, certains en service depuis plus de six ans. « C’est la première fois que le recrutement passe par le Conseil d’administration, conformément au décret de 2017 qui a créé les CROUZ de Ziguinchor, Thiès et Bambey », souligne le directeur.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, informé de la démarche, avait confirmé que la validation du CA suffisait pour couvrir la régularisation.Les mandats de paiement ont été transmis à la comptabilité dès le 21 juillet. Mais l’agent comptable a exigé de séparer les anciens permanents des nouveaux régularisés, avant de réclamer une autorisation expresse du ministère des Finances. « Je lui ai rappelé que c’est une seule ligne budgétaire qui couvre le personnel permanent.
Le budget a été signé par le gouverneur après avis du Trésorier payeur régional, représentant du ministère des Finances. Tout est conforme », insiste Baldé. Malgré ces garanties, le paiement est resté bloqué. Le directeur affirme que le PCA lui‑même a rappelé que, dès lors que le CA valide, il n’y a plus de blocage légal ou administratif à opposer.Aujourd’hui, les salaires de juillet ne sont toujours pas versés, plongeant les agents dans une situation de détresse sociale. « Je comprends la frustration des travailleurs. Mais j’ai respecté toutes les procédures.
Le blocage est administratif et ne dépend pas de ma volonté », conclut le directeur. Cette crise illustre les tensions récurrentes entre directions des CROUZ, agents comptables et tutelles financières, au détriment des travailleurs dont l’avenir dépend désormais d’une clarification urgente entre le CA et le ministère des Finances.








