Ziguinchor : Les étudiants du BENO dénoncent treize années de promesses non tenues

Treize ans d’attente, treize ans de promesses non tenues, treize ans de désillusion. À Ziguinchor, les étudiants du Bureau de l’Espace Numérique Ouvert (BENO, ex-ENO) ne cachent plus leur colère. Réunis devant leur bâtiment inachevé ce mardi 18 août 2026, ils dénoncent une situation qu’ils qualifient de « scandaleuse » : un édifice censé incarner l’avenir de l’enseignement numérique, mais qui reste un chantier éternel, rongé par les infiltrations d’eau, les fenêtres à refaire, les ampoules défectueuses et le matériel jamais livré.

Ansoumane Touré, Secrétaire général du BENO, parle de « conditions misérables » dans lesquelles les étudiants sont contraints d’apprendre, souvent dans des locaux loués, parfois inaccessibles pour les examens.
Le mouvement Vision Citoyenne, par la voix de son coordonnateur national Madia Diop Sané, fustige « un manque de sérieux notoire » des autorités. « Treize ans pour un bâtiment, c’est une honte nationale », lance-t-il, rappelant que d’autres BENO ont été achevés à Matam ou Podor. Il ironise même sur l’idée de transformer son mouvement en agence immobilière pour louer ces « bâtiments fantômes » qui s’éternisent. Pour lui, les étudiants de Ziguinchor sont traités comme des « misérables », privés du minimum nécessaire pour étudier, pendant que l’État s’égare dans des débats budgétaires et des dépenses jugées superflues.

Au-delà de l’indignation, c’est un appel pressant qui est lancé : finaliser le bâtiment, installer le matériel manquant, offrir des conditions d’études dignes. Les étudiants du BENO réclament simplement l’égalité avec leurs camarades des universités Assane Seck, Gaston-Berger ou Cheikh Anta Diop. « L’État est une continuité. On ne peut pas sacrifier une génération pour des promesses non tenues », martèle Vision Citoyenne. À Ziguinchor, la jeunesse attend toujours que l’enseignement numérique cesse d’être un slogan creux pour devenir une réalité.









