Ziguinchor : la société appelée à agir autrement pour le bien-être des élèves et de l’éducation, par Oumar Gning responsable Kiiraay 

Dans une région où les difficultés économiques, sociales et infrastructurelles fragilisent l’avenir des enfants, la question éducative devient une urgence nationale. À Ziguinchor, les familles sont confrontées à la cherté du panier de la ménagère, aux frais de scolarité et aux conditions précaires d’apprentissage, tandis que l’abandon scolaire menace de plus en plus de foyers. Face à cette réalité, des acteurs locaux appellent à une nouvelle manière d’agir : une politique proche des populations, centrée sur la solidarité et la réussite des élèves, pour que l’école retrouve son rôle de moteur du développement.

La rentrée scolaire à Ziguinchor ne se résume pas à l’enthousiasme des élèves retrouvant leurs camarades et leurs enseignants. Elle est aussi synonyme d’angoisse pour des milliers de parents. Entre les inscriptions, l’achat de fournitures et les charges quotidiennes, beaucoup de familles peinent à maintenir leurs enfants à l’école. Cette situation entraîne une conséquence dramatique : des élèves contraints d’abandonner leurs études, faute de moyens, ce qui fragilise l’avenir de toute une génération.

Oumar Gning, enseignant vacataire à l’Université Assane Seck et cadre administratif au CROUS/Z, exprime son indignation face à la persistance des abris provisoires dans la ville. « C’est un cœur meurtri de voir toujours des abris provisoires dans les artères de Ziguinchor », confie-t-il. Pour lui, il est urgent de mettre fin à ces conditions indignes qui compromettent la réussite scolaire. Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le ministre Yankouba Diémé ont annoncé un programme visant à éradiquer ces structures d’ici 2027, avec l’ambition d’atteindre zéro abri provisoire.

Mais au-delà des infrastructures, c’est l’avenir du pays qui se joue. « L’enfant qui réussit aujourd’hui sera le leader de demain », rappelle Oumar Gning. Il insiste sur la nécessité de mobiliser tous les moyens pour accompagner la jeunesse, car l’éducation reste le socle de toute société. Pour lui, la politique doit être repensée : elle ne doit plus se limiter aux discours ou aux mobilisations classiques, mais s’incarner dans des actions concrètes au service des populations.

Cette vision appelle à une responsabilité collective. Les autorités, les enseignants, les parents et les acteurs politiques doivent unir leurs efforts pour garantir aux enfants des conditions d’apprentissage dignes. Car un pays qui laisse ses enfants abandonner l’école compromet son avenir.

C’est dans cette logique qu’une cérémonie de remise de kits scolaires a été organisée à Néma 2, quartier populaire de Ziguinchor. À travers ce geste, Oumar Gning et le mouvement Kiiraay entendent soutenir les familles démunies, soulager les parents à la veille de la rentrée et donner aux enfants les moyens de poursuivre leurs études. Une action citoyenne qui illustre une nouvelle manière de faire de la politique : proche des réalités, tournée vers la solidarité et résolument engagée pour l’avenir des jeunes.

Author: La rédaction

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