Ziguinchor : artisans et acteurs économiques interpellent le ministre sur les défis de la transformation et des infrastructures

Ziguinchor : artisans et acteurs économiques interpellent le ministre sur les défis de la transformation et des infrastructures

La rencontre du ministre du Commerce et de l’Industrie avec les différents acteurs de la région de Ziguinchor, a donné lieu à un plaidoyer appuyé des chambres de métiers et de commerce. Les responsables locaux ont mis en avant les besoins urgents en équipements modernes pour les femmes transformatrices, la valorisation de l’artisanat, ainsi que la réhabilitation des infrastructures de transport et de logistique, indispensables à la relance économique de la Casamance.

Lors de la cérémonie, Mamadou Diéye, président de la Chambre de métiers de Ziguinchor, a insisté sur la place centrale de l’artisanat dans l’Agropole :

« Nous pensons que 80% de ce qui est fait à l’intérieur de l’Agropole est artisanal. Les chambres froides sont insuffisantes. Il faut les mettre à la disposition des femmes transformatrices pour conserver les produits saisonniers et éviter les pertes. »

Il a rappelé que les coopératives agroalimentaires locales, organisées autour de quatre produits phares — manioc, mangue, pomme d’acajou et tamarin — ont besoin d’un accompagnement technique et financier pour accéder aux marchés internationaux.

« Nos femmes et nos hommes sont des champions compétitifs. Avec du matériel de dernière génération, leurs produits peuvent atteindre la dimension internationale », a-t-il ajouté, dénonçant au passage les pratiques de certains exportateurs qui se contentent de mettre une étiquette sur des produits bruts sans les transformer.

De son côté, Pascal Ehemba, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, a élargi le plaidoyer aux infrastructures de transport et de logistique, qu’il considère comme un frein majeur au développement régional.

« Cette région n’est pas pauvre. Elle a des ressources et des producteurs dynamiques. Mais sans organisation et appuis politiques, l’économie reste bloquée », a-t-il martelé.

Il a pointé les difficultés liées aux routes, au port et aux liaisons maritimes et aériennes, qui affectent aussi bien le commerce que le tourisme :

« Quand on regarde les routes, les protections, les transports, les produits, quand on voit les touristes qui s’affectent depuis des années… le bateau ne marche pas toujours normalement, le port connaît énormément de problèmes. »

Le président de la Chambre de Commerce a également rappelé les séquelles du conflit en Casamance, qui a plongé la région dans la pauvreté et fragilisé son économie :

« Nous avons vécu des moments très difficiles pendant cette crise. Nous ne voulons pas que cela recommence. Aujourd’hui, il faut remettre l’économie en ordre et soutenir nos producteurs. »

Un plaidoyer convergent

Les deux responsables convergent sur un même constat : l’économie de Ziguinchor a besoin d’un accompagnement structurant. Pour Mamadou Diéye, cela passe par la modernisation des équipements et la valorisation de l’artisanat. 

Pour Pascal Ehemba, la priorité est la réhabilitation des infrastructures de transport et la mise en place d’appuis politiques solides.

La visite du ministre est perçue comme une opportunité de dialogue, mais les acteurs locaux attendent désormais des mesures concrètes pour que la Casamance devienne un véritable pôle de transformation et de développement national.

Author: Casamance Info

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