Guinée-Bissau : l’opposition unie contre le référendum constitutionnel du 30 août

Guinée-Bissau : l’opposition unie contre le référendum constitutionnel du 30 août

À quelques jours du référendum constitutionnel convoqué par les autorités militaires de Guinée-Bissau, les principales forces politiques d’opposition – API-CG, COLIDE-GB et PAIGC – appellent à un boycott massif. Elles dénoncent un processus « frauduleux », mené en dehors de la souveraineté populaire et des mécanismes constitutionnels, et alertent sur une tentative de légitimation d’un ordre imposé par le coup d’État du 26 novembre 2025.

La contestation s’amplifie à Bissau. L’Alliance patriotique inclusive – Cabaz Garandi (API-CG), dans une déclaration signée par Jorge Mário Fernandes le 21 août 2026, rejette catégoriquement le référendum constitutionnel prévu le 30 août. Pour la coalition, « ils ont perpétré le coup d’État symbolique et adopté les nouvelles lois eux-mêmes, qu’ils votent donc eux-mêmes sur ces lois ! ». Elle estime que la soi-disant « Nouvelle Constitution » a été élaborée sans légitimité populaire, promulguée unilatéralement, et que le référendum n’est qu’une tentative de lui conférer une façade démocratique.

L’API-CG dénonce également l’existence de deux versions contradictoires de la loi référendaire n° 12/2026, l’une exigeant un quorum de participation, l’autre supprimant cette condition. Ce changement, selon elle, « démontre qu’une fraude majeure concernant les résultats du référendum est planifiée ». La coalition insiste sur le respect des principes de souveraineté populaire, de pluralisme politique, de séparation des pouvoirs et d’indépendance des tribunaux, rappelant que toute réforme constitutionnelle doit être inclusive, transparente et participative.

Le Parti de la convergence nationale pour la liberté et le développement (COLIDE-GB), dirigé par Juliano Augusto Fernandes, rejoint cette position. Dans une déclaration consultée par O Democrata, il appelle ses militants et la population à boycotter le scrutin, plaidant pour la suspension du processus et l’ouverture d’un Dialogue national inclusif (DINAC). Selon le parti, la crise politique née de la dissolution du Parlement en décembre 2023 illustre l’incapacité des acteurs à résoudre leurs différends par les institutions et la justice. Le DINAC, affirme-t-il, est indispensable pour bâtir un consensus national, définir un agenda politique et garantir la transparence et la liberté des processus démocratiques.

Le PAIGC, parti historique de l’indépendance, s’aligne également sur cette ligne de boycott. Son porte-parole Muniro Conté déclare : « Tout le processus de préparation du référendum a été entamé sans la participation des partis politiques, y compris le PAIGC, le PAI-Terra Ranka et API Cabaz Garandi. C’est pas la peine de participer à un jeu dont on a été exclu par le régime. » Le parti dénonce la fermeture des sièges politiques, l’absence de mécanismes de réclamation et la mainmise du régime sur les bureaux de vote, autant de signes d’un processus verrouillé et biaisé.

Ainsi, face à un référendum organisé dans un climat de restrictions des libertés publiques et d’exclusion des principales forces politiques, l’opposition guinéenne affiche une unité rare. API-CG, COLIDE-GB et PAIGC convergent dans leur rejet d’un processus qu’ils jugent illégitime et dangereux pour la stabilité nationale. Leur appel au boycott vise à délégitimer une consultation qu’ils considèrent comme une tentative de légaliser un ordre constitutionnel imposé par la force.

Author: La rédaction

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