Diagnostic pour la relance de la compétitivité : Sédhiou, un potentiel immense aux défis relevés
La Chambre des métiers de Sédhiou a abrité hier, 18 août, un atelier d’importance capitale consacré à la monographie du pôle Sud, organisé par le Programme d’amélioration de la compétitivité et de l’emploi (PACE) du ministère des Finances, de l’Économie et du Plan. La rencontre a été présidée par le gouverneur de la région, Diadia Dia, en présence de Moussa Sall, coordonnateur du programme, et des acteurs économiques des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda.

L’étude réalisée par l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT) a mis en évidence un paradoxe saisissant : malgré des dotations naturelles considérables, comme les 280 000 m³ d’eau disponibles chaque jour à Sédhiou, aucune entreprise ne dépasse un chiffre d’affaires de 2 milliards de FCFA. Cette fragilité du tissu économique s’explique par un manque d’investissements, l’enclavement et surtout l’absence de transformation des productions locales. Les filières porteuses sont pourtant nombreuses : la mangue dont 90 % proviennent de Sédhiou mais dont seulement 2 % sont transformés, le miel représentant 95 % de la production du pôle Sud, ainsi que l’anacarde, l’arachide, le riz et le maïs. Autant de richesses qui, faute de structuration des chaînes de valeur, ne génèrent pas l’impact attendu sur l’économie locale.

Moussa Sall a insisté sur l’absence d’entreprises d’identité remarquable à Sédhiou, capables de jouer un rôle d’entraînement pour les petites et moyennes entreprises. Le PACE entend corriger cette faiblesse en identifiant les acteurs existants et en les aidant à monter en échelle, afin de bâtir un tissu économique solide. La task-force compétitivité du programme se positionne comme éclaireur pour l’État et ses partenaires, en orientant les investissements vers les secteurs stratégiques. Les instruments publics tels que la DER, le FONGIP, l’ADPME et le FONSIS sont appelés à intervenir pour accompagner les entreprises locales et structurer les filières.

Le gouverneur Diadia Dia a salué la pertinence de cette étude, qu’il considère comme un outil essentiel pour orienter les politiques publiques. Il a rappelé que le rapport met en exergue les spécificités des trois régions du pôle Sud et souligne les besoins d’accompagnement des entreprises locales. Pour lui, la prise en compte des filières porteuses telles que l’anacarde, la mangue, l’arachide, le maïs et le riz dans les politiques de développement permettra de transformer durablement l’économie et de renforcer la cohésion sociale.
Cet atelier de Sédhiou a ainsi validé une approche territoriale intégrée, inscrite dans la stratégie nationale de développement du secteur privé et de l’investissement. Pour le pôle Sud, l’enjeu est désormais de transformer ses atouts naturels en richesses économiques et sociales durables, et de faire de Sédhiou, Kolda et Ziguinchor des pôles compétitifs portés par un secteur privé solide et créateur de valeur.










