Basse-Casamance : L’agroécologie, entre savoirs locaux et recherche scientifique

Basse-Casamance : L’agroécologie, entre savoirs locaux et recherche scientifique

En Basse-Casamance, l’agroécologie se présente comme une réponse stratégique aux défis de la souveraineté alimentaire et sanitaire. Dans un contexte marqué par le changement climatique et la dépendance aux intrants extérieurs, chercheurs, universitaires et acteurs communautaires s’accordent sur une idée forte : il faut combiner les savoirs ancestraux avec les acquis de la recherche moderne pour bâtir un modèle agricole durable et protecteur.

Ngor Ndour, enseignant-chercheur au département d’agroforesterie de l’Université Assane Seck de Ziguinchor et représentant de Pratam, rappelle que « les anciens avaient une pratique agricole meilleure pour la plante, meilleure pour la terre et meilleure pour la santé humaine. Ces savoirs ont permis aux populations de se nourrir abondamment et de se protéger ». Pour lui, l’enjeu actuel est d’examiner ces pratiques sous un nouvel angle, en les combinant avec la recherche universitaire et les politiques territoriales. « Il nous faut élaborer une stratégie pour renforcer l’agriculture en Basse-Casamance, car l’autosuffisance alimentaire est un défi majeur pour le Sénégal et l’Afrique », insiste-t-il.

De son côté, Bruno Thurneim, directeur de recherche à l’INRAE et représentant de la dynamique Action Pratam, souligne l’importance de reconnaître le patrimoine agroécologique de la région : « Qualifier, comprendre et défendre ce patrimoine est essentiel. L’agroécologie ici n’est pas à impulser, mais à soutenir, car elle repose sur des héritages forestiers, halieutiques, agricoles et socio-culturels profondément ancrés dans le territoire ». Il met en garde contre les projets éphémères et plaide pour une coordination durable des initiatives.

Pour Professeur Ndiéne Ngom, vice-recteur chargé de la recherche et de la coopération à l’Université Assane Seck, l’événement illustre la mission de l’université : « Notre rôle n’est pas seulement d’enseigner, mais aussi de produire des recherches qui aident les populations locales à gérer les problèmes liés à l’agroécologie. Réunir chercheurs et communautés autour d’une table permet de mieux comprendre les réalités et d’apporter des solutions adaptées ».

Ces interventions convergent vers une même idée : l’agroécologie en Basse-Casamance est une dynamique vivante, enracinée dans les savoirs locaux mais appelée à se moderniser grâce à la recherche et à l’innovation. Les deux journées du patrimoine agroécologique organisées à l’Université Assane Seck marquent ainsi une étape importante dans la construction d’une souveraineté alimentaire et sanitaire durable.

La Basse-Casamance illustre que l’agroécologie est à la fois mémoire et avenir. En articulant savoirs ancestraux, recherche scientifique et politiques territoriales, les acteurs locaux posent les bases d’une véritable renaissance agroécologique. Cette démarche, qui vise à protéger la santé, nourrir les populations et préserver l’environnement, pourrait inspirer l’ensemble du Sénégal dans sa quête de souveraineté alimentaire, selon ces acteurs.

Author: Casamance Info

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