À la découverte de Hilol : l’île de résistance coloniale
Un voyage vers l’inaccessible
Située dans l’estuaire du fleuve Casamance, Hilol, au cœur des îles Karone, est une destination qui se mérite. Pour y accéder, il faut affronter routes cahoteuses, pistes inondées et traversées en pirogue à travers un labyrinthe de bolongs. Le trajet depuis Kafountine jusqu’à Kassel est déjà une aventure : taxi-clando sur piste boueuse, attente interminable à l’embarcadère, puis traversée sur une pirogue traditionnelle. Enfin, une moto « Jakarta » ou un tricycle vous conduit dans les quartiers de l’île, au milieu des plantations d’anacardiers et des pistes sablonneuses.

Hilol, bastion de résistance
Hilol est avant tout une terre de mémoire. En 1859 et 1860, ses habitants karoninkas opposèrent une résistance héroïque aux colons français. Lors de la deuxième bataille, le capitaine Aristide Protêt fut mortellement atteint par une flèche empoisonnée, attribuée selon les récits à Kissate Demba ou à Djifafayou. Protêt, enterré debout à Carabane face à l’océan, reste une figure marquante de cette confrontation. Les insulaires, armés de simples flèches, surent déjouer les canons français grâce à des tactiques de repli dans la forêt.
Les témoins silencieux
Encore aujourd’hui, Hilol conserve les stigmates de ces batailles. Un vieux rônier troué par les balles françaises se dresse derrière le village, témoin muet de l’histoire. Les habitants affirment retrouver parfois des projectiles incrustés dans les troncs d’arbres utilisés pour construire des pirogues. Ce patrimoine naturel et historique confère à l’île une aura unique, où chaque arbre semble porter la mémoire des combats.
Une île vivante et prometteuse
Hilol est composée de quatre quartiers. Ses habitants vivent de la pêche et de l’agriculture, dans un cadre verdoyant ponctué d’arbres fruitiers. L’île dispose d’une école primaire (ouverte en 1964), d’un collège, d’une case de santé, de l’électricité et de l’eau potable.

Mais son principal défi reste l’désenclavement : routes impraticables, traversées aléatoires, manque de ponts et de pirogues motorisées. Les notables du village plaident pour une meilleure connexion avec Kafountine et Kassel afin de libérer le potentiel de l’archipel.
Hilol est donc bien plus qu’une île : c’est un symbole de résistance, un sanctuaire de mémoire et une terre de vie. Découvrir Hilol, c’est plonger dans l’histoire coloniale, ressentir la force des traditions et mesurer l’urgence du désenclavement des îles de Casamance.







