Ziguinchor : Boudody en colère, la route comme symbole d’abandon

Un cri de révolte, une marche de défiance, une attaque frontale contre l’indifférence municipale.
La cité de Boudody, cœur battant de la pêche à Ziguinchor, a rugi ce mardi. Mareyeurs, vendeurs de poissons et de glace, commerçants de produits de la mer, habitants et sympathisants se sont levés comme un seul homme pour dénoncer l’état lamentable de la route menant au quai de pêche. Une doléance ancienne, ignorée, méprisée, qui s’est transformée en colère populaire.

La route de Boudody n’est plus qu’un piège de nids-de-poule, de fissures et de boue. Chaque jour, elle met en danger les populations, les travailleurs et les usagers. Les acteurs de la pêche, pilier économique et social de la ville, ont décidé de briser le silence : « Trop, c’est trop ! ». Leur marche pacifique s’est muée en une démonstration de force, un avertissement clair aux autorités.

Dans la foulée, les manifestants ont exigé la démission du maire Djibril Sonko. Leur désarroi est immense : saisi depuis des mois, l’édile n’a jamais répondu. Pire encore, il a publiquement déclaré son incompétence face à cette préoccupation vitale. Pour les populations, cette confession est une trahison. Un maire qui avoue son impuissance face à une route stratégique, c’est un maire qui abdique.
Les slogans ont fusé, les poings se sont levés : « Route dégradée, populations en danger ! », « Acteurs de la pêche unis pour notre développement ! ». La marche de Boudody n’est pas une simple revendication, c’est une mise en accusation. Les habitants dénoncent une gouvernance locale réduite à des promesses creuses, incapable de répondre aux besoins essentiels.

Cette mobilisation est un signal fort : la patience des populations est épuisée. Les acteurs de la pêche, colonne vertébrale de l’économie locale, refusent d’être sacrifiés sur l’autel de l’inaction. Ils exigent des actes, pas des discours. La route de Boudody est devenue le symbole d’un combat plus large : celui pour la dignité, la sécurité et le respect des citoyens.
Ziguinchor tremble : la colère de Boudody est désormais une bombe politique.








