Casamance : les accords de Mongone, jalons pour une paix durable, Diakaye modèle d’école

Casamance : les accords de Mongone, jalons pour une paix durable, Diakaye modèle d’école

Trois ans après la signature des accords de Mongone, la Casamance se retrouve à un tournant décisif. Entre prières, témoignages d’anciens combattants, plaidoyers des élus, appels des femmes et engagements de l’État, la commémoration du dépôt des armes par le Front Nord Diakaye met en lumière les avancées, mais aussi les défis qui restent à relever pour transformer l’espoir fragile en paix définitive.  

Des voix multiples pour un même plaidoyer de paix

La paix, un don et une mission, selon l’Abbé Camille Gomis. Le prêtre de Ziguinchor et représentant l’évêque, a rappelé a cet effet que « Dieu nous a faits pour la vie, pas pour la mort ». Pour lui, la paix est un don divin mais aussi une mission humaine :  « Il veut faire de nous tous des artisans de paix. »  

Son appel spirituel invite à bannir tout acte pouvant nuire à autrui et à bâtir une fraternité durable.  

Pour Fatoma Coly,, ex-commandant du front nord Diakaye signataire des accords de Mongone Coly, il fallu être armée d’un courage pour un renoncement aux armes.  

Ancien combattant du MFDC, Fatoma Coly a livré à cette occasion un témoignage fort  :  « Au départ, nous avions pris les armes. Mais nous avons compris que ce n’était pas la bonne chose. La meilleure solution était de déposer et de s’asseoir autour d’une table avec l’État du Sénégal. »  

Il a salué les médiateurs « qui disaient la vérité et croyaient à la paix », et insisté : « Le dépôt des armes n’est pas un film, mais une conviction. » 

Fatoma Coly appelle les autres factions à rejoindre ce processus pour que, « peut-être d’ici l’année prochaine, toutes les composantes du MFDC célèbrent ensemble la paix définitive ».  

Léonie Gomis, vice-présidente de la plate-forme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), a fait ressentir la voix des femmes pour l’inclusion et la réparation.

La vice-présidente de la PFPC a salué « l’acte décisif et courageux » des ex-combattants de Diakaye, qualifiant leur geste de « haute portée historique ».  

Elle a lancé un appel au gouvernement pour ds négociations inclusives avec toutes les factions du MFDC.  L’nsertion socio-économique des ex-combattants. Elle a lancé le plaidoyer pour des commissions justice et réparation pour les victimes, et une articipation claire de la société civile à la reconstruction.  

« La paix sera définitive si et seulement si toutes les factions déposent les armes. » , a-t-elle souligné. 

Des accords aux actions, défis et perspectives pour la Casamance

Le maire de Djignaki, commune du département de Bignona ou les accords de 2023 ont été signés, assimile Mongone, comme un modèle d’école. 

Alfouseïny Amarta Diémé, a rappelé l’importance des accords de Mongone : « Un dépôt effectif des armes, confirmé par les bailleurs et les médiateurs. »  

Il souligne que la paix doit être accompagnée par des actions concrètes : désenclavement, infrastructures, gestion foncière, mobilité et valorisation économique des récoltes. Pour lui, Mongone et Diakaye doivent servir de cadres d’école pour inspirer d’autres localités.  

Henry Ndecky, coordonnateur de laccoordination sous-régionale des organisations de la société civiles pour la paix en Casamance, Gambie, Guinée-Bissau et Sénégal, quant à lui a mis l’accent sur les engagements des deux parties et les défis.

Le coordonnateur de la COSPAC a rappelé que les deux parties ont respecté leurs engagements : enrôlement massif à l’état civil (plus de 62 000 personnes), formation agricole de 150 ex-combattants, démobilisation effective. Cependant, il alerte sur les défis. Des défis persistants pour Henry Ndecky. D’où son invite à poursuivre les négociations avec les autres fronts. Traiter les conflits liés aux ressources (bois, chanvre indien). Assurer un accompagnement socio-économique durable malgré l’arrêt de certains financements internationaux.  

« Notre souhait est qu’à travers cette édition, les autres factions entendent notre appel et rejoignent le processus pour une paix totale. » , a confié le coordonnateur de la COSPAC. 

L’État et les collectivités face aux défis du Nord-Sindian

Le préfet de Bignona, Mamadou Khouma a insisté sur la nécessité de transformer les acquis fragiles en une dynamique irréversible :  « La paix véritable ne se limite pas à l’absence d’armes. Elle suppose justice sociale, équité économique et confiance. »  

Il a plaidé pour : le désenclavement des localités. La réconciliation et cohésion sociale. L’emploi des jeunes et la prévention des conflits fonciers.  

L’autorité s’est réjouit de la mise en œuvre du Plan Diomay (53 milliards d’investissements).  

La commémoration des accords de Mongone rappelle que la paix en Casamance est une œuvre collective. Les voix spirituelles, politiques, civiles et militaires convergent vers un même plaidoyer : inclusion, justice, réparation et développement.  

Le cas de Diakaye illustre que la paix est possible lorsque les armes se taisent et que la parole s’élève. Mais pour que cette paix devienne définitive, il faut élargir le cercle des négociations, accompagner les ex-combattants et inscrire la réconciliation dans les actes quotidiens.  

Author: Casamance Info

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