Hôpital de la Paix de Ziguinchor : les travailleurs passent à la vitesse supérieure et exigent des actes concrets

L’Intersyndicale de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor hausse le ton. À l’issue de l’évaluation de son deuxième plan d’action, elle a dénoncé l’absence de réponses satisfaisantes à ses revendications et annoncé un nouveau mouvement de lutte pour le mois d’octobre. Dans une déclaration lue devant la presse par le Dr Ousmane Diba, coordonnateur de l’Intersyndicale, les travailleurs ont réaffirmé leur détermination à poursuivre le combat pour la survie et la modernisation de leur établissement.

Une mobilisation jugée exemplaire

Les travailleurs de l’Hôpital de la Paix affichent leur satisfaction quant à la forte adhésion observée durant le deuxième plan d’action mené tout au long du mois de septembre. Selon l’Intersyndicale, le mouvement a connu un suivi total, traduisant l’engagement et la solidarité des agents autour de leur plateforme revendicative.

Pour les responsables syndicaux, cette mobilisation massive témoigne du profond malaise qui règne au sein de l’établissement et de la volonté des travailleurs de voir leurs préoccupations enfin prises en compte par les autorités compétentes.

« Cette lutte est celle de la dignité, de la justice et de la survie de notre hôpital », ont rappelé les représentants syndicaux devant les médias.

Des négociations sans résultats tangibles

Tout en saluant les rencontres organisées sous l’égide de l’Inspection régionale du Travail et de la Sécurité sociale, l’Intersyndicale estime que les discussions engagées n’ont produit aucun engagement ferme susceptible de résoudre les problèmes soulevés.

Les syndicalistes regrettent notamment que plusieurs promesses formulées lors des échanges n’aient pas été matérialisées dans un protocole d’accord formel. Selon eux, les travailleurs ne peuvent plus se contenter d’annonces ou d’intentions.

« Le temps des promesses est révolu », a martelé le Dr Ousmane Diba au nom des organisations syndicales.

L’IRM, symbole des attentes de toute une région

Parmi les dossiers jugés prioritaires figure la mise en service de l’appareil d’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), présenté comme un équipement stratégique pour l’ensemble de la région naturelle de la Casamance.

Les travailleurs considèrent que le démarrage effectif de cet appareil constituerait un signal fort de l’engagement des autorités en faveur du renforcement du plateau technique et de l’amélioration de la qualité des soins offerts aux populations.

Des infrastructures et des équipements en souffrance

L’Intersyndicale attire également l’attention sur la dégradation continue des infrastructures hospitalières. Toitures endommagées, plafonds défectueux, voiries internes détériorées, réseaux d’assainissement vieillissants et insuffisances techniques constituent autant de difficultés qui compliquent le fonctionnement normal de l’établissement.

Les syndicats réclament ainsi un programme urgent de réhabilitation afin de redonner à l’hôpital les moyens de remplir efficacement sa mission de service public.

Ils plaident également pour l’installation d’un incinérateur moderne destiné à assurer une gestion sécurisée des déchets biomédicaux, une question qu’ils considèrent comme prioritaire sur les plans sanitaire et environnemental.

Assainir les finances et renforcer la gouvernance

La situation financière de l’hôpital préoccupe tout autant les travailleurs. Face à l’endettement de l’établissement, l’Intersyndicale demande un accompagnement financier exceptionnel de l’État ainsi qu’un audit permettant d’évaluer avec précision l’ampleur de la dette et les moyens de son apurement.

Les syndicats exigent en outre davantage de transparence dans la gestion administrative, financière et sociale de l’hôpital. Ils plaident pour la tenue des élections des délégués du personnel, le fonctionnement régulier des instances de concertation et l’instauration de mécanismes permanents de contrôle interne.

Un troisième plan d’action en perspective

Estimant que les réponses apportées jusqu’ici restent largement insuffisantes, l’Intersyndicale a décidé de maintenir la pression. Un troisième plan d’action sera ainsi déroulé durant le mois d’octobre afin d’obtenir des avancées concrètes sur les vingt-deux points de sa plateforme revendicative.

Les travailleurs insistent toutefois sur le fait que leur combat ne vise pas à fragiliser l’hôpital mais, au contraire, à le sauver.

« Notre détermination n’est pas dirigée contre l’Hôpital de la Paix. Elle est pour l’Hôpital de la Paix, pour ses travailleurs et pour les populations qui y cherchent quotidiennement des soins », a conclu l’Intersyndicale.

Entre revendications sociales, réhabilitation des infrastructures, modernisation des équipements et amélioration de la gouvernance, les travailleurs de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor entendent désormais obtenir des actes concrets. Après plusieurs semaines de bras de fer, le dialogue entre les syndicats et les autorités sanitaires semble entrer dans une phase décisive pour l’avenir de l’un des principaux établissements de santé de la Casamance.

Author: La rédaction

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