Huit mois de calvaire en mer : le cri d’alerte du capitaine Bassène, survivant d’Élinkine
C’est un récit qui glace le sang et interpelle les consciences. Bernard Bassène, capitaine de la pirogue disparue, raconte son incroyable survie après huit mois et demi en mer, balloté par les vents, privé de vivres et témoin de la mort de ses compagnons.

Dès le départ, le vent violent a dérouté l’embarcation, rendant impossible toute maîtrise. L’eau s’est infiltrée dans la cale, détruisant le riz — seule réserve alimentaire — que l’équipage a dû jeter à la mer. Privés de nourriture, les hommes ont été livrés à la faim et au sel qui brûlait leurs corps. L’essence s’est épuisée, les vents les ont emportés sur des centaines de kilomètres, jusqu’à la frontière maritime entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Bassène, capitaine, a dû improviser : hisser une voile, tenir seul la barre, chercher désespérément de l’aide. À 180 kilomètres de Conakry, un bateau lui offre trente litres d’essence, puis un autre le soutient. Mais le calvaire continue : sept hommes étaient partis, deux sont morts, cinq ont atteint Conakry. « Imaginez, en pleine mer, votre compagnon meurt devant vous, vous le tenez dans vos bras dans l’eau. Il n’y a rien de plus douloureux », confie-t-il, la voix brisée.

À Conakry, le bateau est saisi, le matériel confisqué. Les survivants sont hospitalisés, puis pris en charge par l’ambassade. Mais les séquelles physiques et psychologiques restent profondes. « Huit mois dans l’eau, ce n’est pas deux jours. Seul Dieu nous a sauvés », répète Bassène.
Un appel pressant aux autorités
Ce témoignage n’est pas seulement celui d’une survie miraculeuse. C’est aussi un cri d’alerte lancé aux autorités sénégalaises et régionales. Les pêcheurs artisanaux, livrés à eux-mêmes, affrontent des périls mortels sans moyens de secours adaptés. La communauté réclame :Renforcement de la sécurité maritime pour éviter de nouveaux drames.Soutien aux familles de disparus qui vivent dans l’angoisse et la précarité.Aide matérielle et médicale pour les rescapés, marqués à vie par ces épreuves.
Bernard Bassène, capitaine de la pirogue partie d’Élinkine et retrouvée en Guinée, s’est confié à Groupe Médias du Sud.






