Ziguinchor : la Police judiciaire formée aux droits humains et à la protection de l’enfance
À Ziguinchor, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en partenariat avec le Haut‑Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), a ouvert un atelier de formation de trois jours destiné aux organes de la police judiciaire, depuis hier marid 21 juillet. Cette initiative vise à renforcer les compétences des forces de l’ordre en matière de droits humains et de protection de l’enfance, dans un contexte sécuritaire marqué par la montée de nouvelles formes de criminalité.

Un contexte sécuritaire complexe
La présidente de la CNDH, Pr Amsatou Sow Sidibé, a rappelé que les défis sécuritaires actuels – cybercriminalité, crimes transfrontaliers, terrorisme et violences faites aux enfants – exigent plus de tact et de vigilance. Pour elle, la maîtrise des normes internationales doit permettre aux enquêteurs d’améliorer leurs pratiques tout en garantissant le respect de la dignité humaine. « Le professionnalisme accompagné du respect des droits humains permet d’être plus efficace et d’obtenir des résultats durables », a-t-elle insisté.

Le rôle central de la police judiciaire
Le représentant régional adjoint du HCDH a souligné que les policiers occupent une place centrale dans la protection des enfants. Cette formation, inscrite dans le cadre du Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits (PAPEV), vise à prévenir la traite des mineurs et à assurer que les responsables soient jugés. Les modules abordent l’ensemble de la chaîne de prise en charge : enquête, accompagnement psychosocial, accès aux soins et réinsertion éducative.
Une coopération durable
Le HCDH a réaffirmé son soutien à l’État sénégalais et sa coopération étroite avec la CNDH et l’École de police pour intégrer la dimension droits humains dans le cursus des policiers. Cette approche, selon lui, est la clé pour renforcer la confiance des citoyens envers les institutions et assurer une meilleure protection des enfants.
Les enfants, premières victimes
Aminata Kébé, coordinatrice régionale du PAPEV, a rappelé que les enfants demeurent les premières victimes des violations de droits dans la sous-région. Le projet, initialement centré sur la lutte contre la mendicité des enfants, s’est élargi à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest en partenariat avec la CEDEAO et la coopération italienne. Aujourd’hui, il concentre ses efforts sur les zones frontalières, où les risques liés à la traite et à l’exploitation des mineurs restent élevés.

À travers cette formation organisée à Ziguinchor, les partenaires entendent conjuguer efficacité des enquêtes, respect des droits humains et protection accrue des enfants. Une démarche qui vise à consolider la confiance entre citoyens et institutions, et à inscrire durablement la culture des droits humains au cœur de la mission policière.








