Le maire de Ziguinchor a fini de montrer ses limites. Plusieurs années sur ce fauteuil, lui comme sont prédécesseur aux commandes, n’ont pas réussi à donner, à une commune pourtant facile à gérer, le visage qu’elle mérite. Toutefois, le silence des masses et l’absence de contre-pouvoir ont été des facteurs majeurs de l’installation l’autorité dans un climat de confort et de son sommeil long de plusieurs années, au point d’oublier les priorités, la poursuite de l’intérêt général. La mairie de Ziguinchor nous a trop habitué à des semblants de projets qui prennent naissance la veille des élections et meurent aussitôt après. Les projets de pavage des rues de Kandialang et ailleurs témoignent bien de ce jeu d’échec où les populations sont toujours les seuls perdants.
En 2020, le constat demeure blessant et sidérant. A l’heure où le monde s’adonne au marathon écologique et à la propreté, à l’heure où les pays, les communes, mettent en oeuvre des politiques visant à les tirer de l’insalubrité vers le siège de ville propre, au Sénégal c’est l’anarchie des déchets déversés ça et là qui fait la vitrine. A Ziguinchor, faute d’un système de ramassage des ordures vivant et performant, c’est bien les dépots d’ordures à outrance qui décorent la plupart des rues et les maigres canalisations au coeur de la commune, disputant ainsi aux eaux leurs voies de ruissellement déjà trop étroites.
Le système rotatif de collecte des déchets qui permettait à Ziguinchor de respirer, d’afficher son vrai visage, est aux arrêts depuis bien longtemps obligeant ainsi les populations dans beaucoup de quartiers à ne compter que sur elles-mêmes pour se débarrasser de leurs ordures, et comme situation résultante de ce manque de vision environnementale cohérente et de volonté politique des autorités locales, les déchets nous interpellent partout et à tout moment (voir les images).
Pourtant, bon nombre de projets, des moins aux plus pertinents ont été initiés dans la localité mais souvent le manque de volonté politique leur retire le soufle dès les premiers jours. J’en veux pour preuve un dispositif au coeur duquel j’étais alors que je travaillais à l’Ong Pacte de Ziguinchor. Le programme de gestion des ordures ménagères au niveau de la commune à travers une approche-quartier, financé par l’UE et mise en oeuvre par l’Ong et qui devait bénéficier de la contribution de la mairie pour l’achat de tricycles et du matériel de travail, qui présageait de bons résultats a subitement capoté envoyant, d’un côté, ses animateurs au chômage avec des salaires non payés et de l’autre, les mamans à ne compter que sur elles-mêmes. Là également et comme souvent, la commune s’est montrée incapable de verser sa contribution, là où les populations étaient prêtes à verser une cotisation mensuelle pour supporter le projet. Ainsi, les GIE constitués au niveau des quartiers de Ziguinchor et qui devaient assurer la collecte des ordures sont restés avec de maigres moyens pour les plus chanceux et que des promesses pour la plupart. Là encore, un projet pertinent a perdu son soufle.
Et aujourd’hui, Ziguinchor a encore le nez dans les ordures.
Enfin nous disons non. Fini ce laxisme des autorités, j’ai ma plume, j’ai ma voix et la volonté de vivre le changement.
# Génération du changement #







