Rejet de la LFR : le DG de l’ANRAC dénonce un coup d’arrêt au Plan Diomaye pour la Casamance

Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) par les députés continue de susciter de vives réactions. Intervenant sur la SEN TV, le Directeur général de l’Agence nationale de relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Tahibou Diédhiou, a exprimé sa profonde déception face à une décision qu’il considère comme un sérieux frein aux efforts de développement engagés dans le sud du Sénégal. Selon lui, les premières victimes de ce blocage budgétaire sont les populations casamançaises, notamment les déplacés de retour dans leurs villages d’origine.

« Les députés n’ont pas mesuré les dégâts incommensurables causés aux populations », a-t-il déclaré, visiblement préoccupé par les conséquences du rejet du texte.

Une part importante des ressources prévues dans cette loi devait, selon lui, financer plusieurs projets structurants en Casamance, particulièrement dans le cadre du Plan Diomaye, présenté comme un levier majeur de relance économique, sociale et communautaire dans une région longtemps affectée par le conflit. Il estime que les auteurs du rejet de la LFR n’ont pas pleinement pris la mesure des répercussions de leur vote sur les populations bénéficiaires.

« Il y a une grande déception, il faut le dire. Une grande partie était destinée au développement de la Casamance. Je pense que les députés qui ont créé ce blocage n’ont pas mesuré les dégâts incommensurables qu’ils ont fini de mettre sur le dos des populations », a déclaré Tahibou Diédhiou.

Pour le patron de l’ANRAC, ce blocage intervient à un moment crucial où plusieurs programmes étaient en préparation pour soutenir les communautés rurales, promouvoir les activités génératrices de revenus et renforcer les conditions de réinstallation des populations revenant progressivement dans leurs localités après plusieurs années d’absence.

L’agence avait notamment prévu des interventions au profit des villages concernés par le retour des déplacés. Mais l’absence des financements attendus risque désormais de retarder, voire de compromettre, une partie des actions programmées.

« Nous avons des programmes pour les villages. Nous avions prévu un appui pour accompagner les populations qui reviennent sur leurs terres. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous occuper de leurs préoccupations parce que quelque part les députés ont voulu saboter ce processus-là », a-t-il regretté.

À ses yeux, les personnes de retour dans leurs villages constituent les premières victimes de cette situation. Après des années de déplacement, elles comptaient sur ces programmes pour reconstruire leurs habitations, relancer leurs activités agricoles et retrouver des moyens de subsistance durables.

Le directeur général de l’ANRAC considère également que cette décision constitue un frein aux efforts entrepris depuis plusieurs années pour consolider la paix et accélérer le développement de la Casamance. Il rappelle que la région a lourdement souffert des conséquences du conflit et qu’elle a aujourd’hui besoin d’un accompagnement soutenu pour poursuivre sa reconstruction.

« La Casamance a tant souffert. Aujourd’hui, c’est un frein qu’ils ont appuyé pour bloquer ce que nous avions prévu pour accompagner ces populations-là », a-t-il martelé.

À travers cette sortie médiatique, Tahibou Diédhiou lance un véritable cri d’alarme sur les répercussions du rejet de la LFR pour la Casamance. Il redoute un ralentissement du Plan Diomaye, une réduction des capacités d’intervention de l’ANRAC et un retard dans la mise en œuvre de projets attendus par de nombreuses communautés. Pour les populations retournées dans leurs villages après des années de déplacement, cette incertitude budgétaire pourrait se traduire par un report des programmes censés accompagner leur réinstallation et soutenir leur relèvement économique, dans une région encore en quête d’une paix durable et d’un développement inclusif.

Author: La rédaction

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