La Casamance, avec ses immenses potentialités devrait permettre de crèer les conditions de sa transformation économique et social mais aussi servir de catalyseur pour le développement d’un hub sous régional dans le Sénégal.
Notre vision pour son développement est délibérement optimiste, entièrement tournée vers une prospective réaliste qui s’appuie sur l’existant avec des évolutions dont les contours ont commencé à se faire voir.
Nous avons un territoire naturellement doté de ressources dont la diversité et la complémentarité offrent des opportunités rares de croissance et de développement.
Cette chronique économique bimensuelle se saurait oculter la situation actuelle, les effects de la pandémie du COVID19 sur l’économie régionale.
En Casamance comme partout ailleurs la pandémie a un impact sur les systèmes alimentaires, perturbe les chaines de valeur agricoles régionales et pose des risques pour la sécurité alimentaire des ménages.
Le Covid19 a destabilisé les producteurs, les entreprises et les consommateurs.
Les préoccupations de la situation économique avec les impacts du COVID19 tournent autour de comment s’organiser afin de construire une force de propositions d’idées, de projets bancales capable d’aider la Casamance á sortir de cet impact négatif.
Aujourd’hui, nos légumes et fruits particulièrement les mangues vont pourrir, les unité de transformation sont très petites et très limitées en terme de volume de production. Il n’y a aucune logistique fonctionnelle pour l’approvisionnement. Pas de moyens d’acheminement sécurisé pour le transport. Cette situation va instaurer la pauvreté à la longue.
A cela il faut rajouter les semences pour nos agriculteurs.
L’ensemble des acteurs du développement doivent s’orienter vers ses problématiques. Les mangues, les légumes et autres produits périssables sont bradés par faute d’écoulement, de transformation et de conservation. Que devons nous faire?
La politique de l’Etat n’a pas encore permis de mettre en place une usine de transformation digne de ce nom et aux normes internationales ni de magasins de stockage pour l’anacarde ni de chambre froide pour les produits halieutiques. La commercialisation de ces produits agricoles et halieutiques rapportaient des moyens financiers á plusieurs couches de la population. Impossible de tirer des revenus sur ces produits actuellement durant cette pandémie.
Il faut que nos agriculteurs, nos pêcheurs et nos compatriotes travaillant dans des activités de ces sous secteurs, arrivent à vivre dans ce contexte.
Comment encourager une agriculture à grande échelle? Augmenter la surface cultivable pour tendre vers l’auto suffisance alimentaire? Comment moderniser l’agriculture familiale à dépasser les besoins nutritionnels de la famille?
Certes on pourrait dire que l’impact du COVID se fait ressentir partout au Sénégal pour écouler les produits qui pourissent dans certains villages. C’est le cas pour l’oignon qui pourrit á Bakel, la banane á Tamba et la mangue en Casamance. Pas d’acheminement à Dakar principal lieu de vente ou point de départ pour les exportations. Les producteurs doivent pouvoir vendre pour vivre de leur activité.
De plus le manque de planification dans la production fait que l’offre est supérieure à la demande, d’où la vente à vils prix.
Pour revenir à notre chère région, nous ne pouvons pas compter sur la plateforme de Bignona non opérationelle depuis plus d’une décennie.
Notre région est vulnérable et souffre de menace d’extréme pauvreté étant donné que le tissu économique est quasiment inexistant.
La Casamance, déjà en crise, est dans une crise sanitaire et alimentaire.
Dans les régions dont les systèmes médicaux manquent de ressources, la crise sanitaire engendre une crise alimentaire et la perte de moyens d’existence si l’on n’agit pas vite. Notre chère région oú la majorité de la population vit en milieu rural et dépend de la production agricole, d’emplois saisonniers dans l’agriculture, de la Pêche ou de l’élevage ne sera pas en reste.
Pour la Pêche et ses sous secteurs, le Covid19 menace les moyens d’existence, perturbe les chaines de valeur, affecte le commerce international et pose des risques pour les chaines d’approvisionnement en poisson.
Ces personnes s’activant dans le secteur primaire, possédent très peu de marge de manoeuvre pour pouvoir amortir le choc durant la pandémie. Elles vont être obligées d’abandonner leurs moyens d’existence en bradant leur matériel de travail ou quitter leur ferme pour chercher de l’aide.
L’impact et la gestion du COVID 19 dans les entreprises, en ces moments difficiles, c’est de faire face à des conséquences à la fois économique, financière et sociale de la crise sanitaire. C’est une période difficile pour ceux qui investissent, créent des emplois et contribuent à l’économie régionale.
Si la dimension de la santé est sans doute plus importante en cette période de pandémie, les inquiétudes sont essentielles pour éviter une tragédie chez les personnes extrément vulnérables.
C’est à la fois plus humain et judicieux de protéger et de maintenir les moyens d’existence maintenant plutôt que de les reconstruire après la pandémie.
Il urge de fournir des semences, des outils, de la nourriture pour le bétail et d’autres intrants aux agriculteurs et aux éleveurs.
Le coté positif de cette pandémie est peut être que tout le monde réalise que nous sommes tous sur le même bateau.
Nous pensons qu’il faudrait trouver en urgence des investissements pour au moins une usine de transformation aux normes internationales, des magasins de stockage pour l’anacarde et des unités de conservation de produits locaux. Pour être compétitif, nous devons penser á diversifier la transformation des produits locaux.
Cette chronique économique est conçue pour un débat constructif, débat à la hauteur de la gravité de la situation catastrophique étant donné que l’hivernage approche á grand pas. Nous attendons vos contributions et nous sommes ouverts à toute suggestions pour enrichir le débat sur le développement de la région.
La Rédaction







