Gare routière de Ziguinchor: guichets fermés, véhicules à l’arrêt, les passagers dénoncent une situation « inconfortable » à la veille de pâques

LES TRANSPORTEURS EN GRÈVE À LA GARE ROUTIÈRE DE ZIGUINCHOR

Alors que les préparatifs pour les fêtes de Pâques vont bon train, à Ziguinchor, c’est une paralysie totale dans le secteur du transport. Après les premières 72 heures décrétées pour contester les décisions des autorités relatives aux conditions de circulation des véhicules de transport en commun, les syndicalistes ont encore remis ça pour 3 jours d’arrêt de travail.

Ce mouvement d’humeur national lancé par les organisations de transporteurs, vise notamment à dénoncer le durcissement des contrôles techniques, les sanctions jugées excessives et certaines mesures administratives imposées par le ministère des Transports. Les professionnels du secteur pointent du doigt des réformes qu’ils estiment “brutales” et difficiles à appliquer dans le contexte actuel.

Pas de véhicules en circulation à la gare routière de Ziguinchor
Pas de véhicules en circulation à la gare routière de Ziguinchor

À la veille de la fête pascale, l’angoisse s’est installée chez les passagers. Frustration, inquiétude, lamentations, voire cris de cœur rythment le quotidien des usagers, pris au piège d’une crise qui les dépasse. Étudiants, commerçants et familles peinent à rejoindre leurs destinations, dans une période pourtant marquée par une forte mobilité.

Mais ce qui surprend davantage, c’est l’attitude des syndicats. Ceux-là mêmes qui ont appelé à l’arrêt de la circulation des véhicules de transport en commun ne semblent pas assumer publiquement leur décision. Face à la presse, c’est le silence total.

Lors de notre descente ce jour, pour constater l’ampleur de la situation et ses conséquences, aucun responsable syndical n’a accepté de s’exprimer.

Pourquoi les syndicalistes n’assument-ils pas leur décision face à la presse ?

Difficile d’apporter une réponse claire à cette interrogation, qui alimente l’incompréhension générale. Même réserve du côté de certains chauffeurs.

Demba Diop, chauffeur de transport en commun, reconnaît que la situation est désagréable, d’abord pour les chauffeurs dont la vie dépend des revenus journaliers. Toutefois, il estime qu’au nom du « changement et de l’intérêt collectif », le mot d’ordre de grève mérite d’être respecté dans un élan de solidarité.

À l’origine de cette crise, le ministre des Transports avait insisté sur la nécessité de rendre plus rigoureuses les visites techniques des véhicules de transport, dans le but de freiner les accidents de la route, souvent impliquant des minibus. Une mesure sécuritaire qui, sur le terrain, passe mal auprès des acteurs du secteur.

À la gare routière de Ziguinchor, le constat est sans appel : le vide. Aucun véhicule en circulation. Les guichets de vente de billets sont complètement fermés. L’activité est à l’arrêt.

La grève pourrait être « illimitée si le gouvernement ne revient pas sur sa décision jugée défavorable aux transporteurs », prévient Demba Diop.

Author: Amidou DJO-OURO

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