Casamance : Quand la culture devient un cri de cœur

Casamance : Quand la culture devient un cri de cœur

Entre les rythmes envoûtants de l’Ekonkon et les retrouvailles des jeunes insulaires, les îles de Bliss Kassa ont fait entendre leur voix à Ziguinchor. Derrière la fête et la danse, un message fort : la culture est un vecteur de cohésion, mais aussi un appel pressant pour des infrastructures vitales.

À Hitou, au cœur des îles de Bliss Kassa, la jeunesse s’est mobilisée pour faire revivre une tradition séculaire : l’Ekonkon. Plus qu’une danse, cette pratique ancestrale est devenue un symbole de communion et de revendication.

Charlene Sophie Diatta, habitante de Hitou, rappelle que « derrière cette danse traditionnelle se cachent beaucoup de messages ». Des messages qui interpellent les autorités sur les réalités quotidiennes des villages insulaires : manque d’eau potable, absence d’électricité, difficultés d’évacuation sanitaire.

Martin Diatta, président du Réseau des ressortissants de Hitou à Ziguinchor, insiste : « Nos villages souffrent. Nous voulons que le gouvernement nous aide. Ce qui nous manque réellement, c’est le courant, la santé et une ambulance pour les urgences ». À travers l’organisation de cette journée culturelle, les habitants des villages de Hitou, Nyombun, Khayer, Bokassouk et Diogué cherchent à valoriser leur patrimoine tout en lançant un cri de détresse.

Pour Henry Ndecky, coordonnateur de la dynamique de paix en Casamance, cette initiative est exemplaire : « Quand les jeunes insulaires se retrouvent pour promouvoir leur culture, c’est une richesse qu’il faut accompagner. La culture est un outil de paix et de cohésion ». Il appelle à dépasser les clivages ethniques et à reconnaître la valeur des langues et traditions locales comme le diola, le mancaigne ou le manjaque.

Au-delà de la fête, cette rencontre est un plaidoyer. Les jeunes des îles Bliss veulent montrer qu’ils existent, qu’ils ont une culture vivante et des besoins urgents. Leur démarche illustre une vérité simple : la paix et la cohésion passent aussi par la reconnaissance et le soutien des communautés les plus isolées.

Author: Casamance Info

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