An 2 de l’accession de Diomaye Faye à la magistrature suprême : Les Ziguinchorois partagés entre espoir et déception
24 mars 2024-24 mars 2026. Deux ans jour pour jour que le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye accédait à la magistrature suprême.
Deux années plus tard, des Ziguinchorois réagissent sur cette alternance révolutionnaire et générationnelle, qui a prôné une rupture systémique dans le mode de gouvernance.
Plus de 54 % des Sénégalais ont porté au pouvoir la coalition DiomayePrésident incarnée par le duo Diomaye-Sonko pour gérer le « bateau Sénégal ».
Les Ziguinchorois rencontrés par la Voix du Sud émettent des jugements multiples et divergents. Entre espoirs et regrets, ils semblent divisés.
Pour certains, rien n’a changé. Ce sont les mêmes réalités, les difficultés demeurent et les mêmes pratiques sont toujours d’actualité. « On n’a pas vu de changement depuis qu’ils sont là. C’est ce que Macky Sall a laissé qu’on voit. On ne s’attendait pas à ça » déclare un anonyme.
Même son de cloche pour cette commerçante qui a préféré taire son nom. « Il y a beaucoup de choses à faire encore. Il n’y a pas de changement », dit-elle sans détour.
Dans la capitale méridionale, les attentes sociales restent toujours fortes, alors que rien ne semble bouger, selon les réactions. Certains habitants se disent découragés par la dualité au sommet et ne cachent pas leur déception. « On a voté pour une rupture. Mais depuis qu’ils sont là, on n’a pas vu de rupture. Ils sont dans des règlements de comptes », peste Moussa Diatta, nom d’emprunt.
Le sous-emploi des jeunes et le chômage grandissant inquiètent au niveau de cette couche de la population. « Il y a trop de chômage surtout en Casamance », explique ce jeune.
Si pour certains le bilan du régime Pastef reste encore à désirer, pour d’autres, il est encore tôt d’en faire les comptes.
« On ne peut pas parler de bilan alors que le pays peine à se relever à cause des actes posés par l’ancien régime. On parle de dette cachée. Il faut parler de ce qu’il faut faire pour récupérer l’argent que ces gens ont volé », selon ce septuagénaire au milieu d’un groupe de jeunes critiquant farouchement le régime.
Pour lui, le problème véritable de la jeunesse se résume au « manque de patience « . Le vieil homme estime que le régime Diomaye subit les conséquences des actions posées par un groupe d’hommes « assoiffés » de pouvoir et qui étaient déterminés à s’y maintenir. « Le système est encore là. On est en train de lutter pour l’enlever. Les jeunes sont encore là avec des motos-Jakarta. Je ne peux pas faire de bilan. Mon souci c’est comment récupérer cet argent entre les mains de ces personnes qu’on devrait arrêter. Ce n’est pas une question de parti pris », peste-t-il.
Deux ans après l’arrivée de Diomaye et de Pastef au pouvoir, l’espoir d’un véritable changement systémique semble s’effriter chez les jeunes. La lutte farouche menée par cette couche pour la justice, la transparence, l’amélioration des conditions socioéconomiques est encore loin d’être gagnée.
Mais l’espoir d’un véritable changement est encore permis si les dirigeants s’accordent sur l’intérêt commun et non sur des calculs politiciens marqués par une dualité au sommet, prient ces Ziguinchorois encore meurtris par les événements qui ont précédé cette alternance au pouvoir.
Max Euclide KANFANY







