Casamance : le « Madd » entre expansion, défis de disponibilité et de commercialisation

Casamance : le « Madd » entre expansion, défis de disponibilité et de commercialisation

Le « madd » de Casamance en pleine expansion et essor depuis l’obtention de son indication géographique protégée en 2024. Un net progrès visible à travers l’organisation des acteurs et la transformation du produit. Cependant, la disponibilité ainsi que la commercialisation du « Madd » made in Casamance demeurent pour l’heure des défis pour les professionnels de la filière et les partenaires institutionnels qui ont tenu à Ziguinchor une rencontre d’évaluation.

Ces différents acteurs, à savoir producteurs, cueilleurs, transformateurs des régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor et les partenaires techniques ont apprécié les résultats obtenus et avancés notés depuis 2 ans avec la réorganisation de la filière et la labellisation du produit.

Cette rencontre de Ziguinchor organisée autour de l’Association pour la protection et la promotion de l’indication géographique « Madd » de Casamance (APPIGMAC), avec l’appui de l’ONG ETDS, a permis de ficeler un premier bilan jugé globalement positif.

Installée récemment à la tête de l’APPIGMAC, Diadia Baldé s’est réjouie de la dynamique collective née depuis l’obtention du label. Selon elle, « l’intérêt des acteurs pour le « Madd » s’est nettement renforcé, avec une adhésion plus large à l’association et une volonté affirmée de mieux valoriser ce produit emblématique de la Casamance ».

L’actuelle présidente de l’APPIGMAC a aussi mis en exergue les progrès réalisés dans la transformation cela grâce aux différentes sessions de formation et aux programmes de renforcement des capacités déployés ces dernières années.

Diadia Baldé indique en outre que la professionnalisation de la filière passe aussi par une meilleure maîtrise des techniques de récolte. Des formations spécifiques ont ainsi été organisées à l’intention des cueilleurs afin de garantir le respect du cahier des charges liées à l’indication géographique. « L’objectif est d’assurer une qualité constante du produit tout en préservant durablement la ressource », a-t-elle-indiqué.

Malgré ces avancées, la question de la commercialisation demeure le principal défi. Pour Diadia Baldé, ce défi reste la clé et l’une des priorités. « La conquête du marché sénégalais doit précéder toute ambition d’exportation, car la consommation nationale constitue la base d’une valorisation durable du Madd », a fait comprendre sans détour la présidente de l’APPIGMAC.

Talla Samb, directeur de la propriété industrielle au niveau de l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (ASPIT), a rappelé la logique de cette rencontre, qui est de procéder à l’évaluation de l’indication géographique « Maad » de Casamance et mesurer les impacts.

« C’est un produit qui a été labellisé, qui a été protégé en 2024 par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle OAPI. Et on est à deux ans de fonctionnement de l’IGP. L’objectif maintenant est de savoir l’impact de l’enrichissement de l’indication géographique de Casamance dans l’économie, dans le développement de la filière, dans l’amélioration des revenus des acteurs, dans la disponibilité des ressources, dans pas mal de critères qui avaient été identifiés lors du lancement du l’IGP « Maad »de Casamance. », a-t-il indiqué.

Bien que satisfait des premiers résultats relevés, le directeur de la propriété industrielle a insisté sur la nécessité de la préservation des acquis pour une meilleure promotion du produit.  

« Par rapport à la promotion, c’est le lieu de demander aux structures étatiques et même privées d’utiliser l’IGP « Maad »de Casamance comme produit à exposer lors des séminaires, lors de pas mal d’ateliers, pour pouvoir vendre la destination Sénégal à travers l’indication géographique « Maad »de Casamance. Donc c’est le lieu vraiment de faire ce diagnostic-là, ce bilan à mis parcours. », a affirmé Talla Samb.

Il a aussi préconisé la disponibilité du produit, notamment à travers la préservation de ressources forestières, dont le « Madd » est issu, en évitant les coupes abusives et actes de dégradation des forêts. « S’il y a des coupes abusives des arbres ou bien la déforestation, la disponibilité de la ressource pourrait en pâtir. », a martelé Talla Samb. Il préconise un encadrement de toutes les activités favorisant la déforestation avec les services des eaux et forêts pour assurer la disponibilité de la ressource et maintenir l’indication géographique et continuer à parler du label « Madd » Casamance.

Max Euclide KANFANY

Author: Casamance Info

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