Diocèse Ziguinchor : Mgr Jean Baptiste Valter Manga ouvre l’année pastorale 2026-2027 sous le signe de la défense des plus vulnérables

À l’ouverture officielle de l’année pastorale 2026-2027 au Moyen Séminaire Saint-Louis de Ziguinchor, Mgr Jean Baptiste Valter Manga a livré une homélie dense et engagée, centrée sur la protection des veuves, des orphelins et des étrangers. S’appuyant sur les Écritures et les réalités sociales de la Casamance, l’évêque a appelé les fidèles à rompre avec toute forme de maltraitance, de discrimination et de xénophobie.

Dès les premières minutes de son homélie, le prélat a inscrit sa réflexion dans le prolongement de la rencontre diocésaine des femmes tenue à Elinkine, dont le thème portait sur le passage « de l’épreuve à l’espérance ». Les échanges, témoignages et représentations théâtrales consacrés au veuvage ont nourri sa méditation et l’ont conduit à aborder frontalement une question qui touche quotidiennement de nombreuses familles du diocèse.

Revenant sur les textes bibliques du jour, Mgr Manga a rappelé que la veuve, l’orphelin et l’étranger occupent une place privilégiée dans le cœur de Dieu. Selon lui, ces trois figures incarnent la vulnérabilité humaine et bénéficient d’une attention particulière dans toute l’histoire du salut. De l’Ancien au Nouveau Testament, a-t-il expliqué, les veuves sont constamment présentées comme des personnes à protéger et à accompagner, jamais comme des êtres à exclure ou à faire souffrir.

À travers les exemples de Ruth et Noémie, de la veuve de Sarepta, de la veuve de Naïm ou encore de la pauvre veuve de l’Évangile qui donne tout ce qu’elle possède au Temple, l’évêque a montré que la Parole de Dieu valorise la dignité, la foi et le courage de ces femmes éprouvées par le deuil.

C’est à partir de cette lecture évangélique qu’il a porté un regard critique sur certaines pratiques de veuvage encore observées dans plusieurs communautés. Décrivant les nombreux rites, restrictions et obligations imposés aux veuves, il a estimé que beaucoup de ces usages se sont éloignés du message du Christ au fil du temps.

Tout en reconnaissant certains aspects spirituellement enrichissants, comme la participation régulière à la messe ou la récitation du chapelet, il a rejeté les pratiques qui entretiennent la peur, la superstition ou la précarisation des veuves. Il a exhorté les communautés chrétiennes à appliquer les orientations du diocèse visant à replacer le veuvage dans une démarche de foi, de consolation et d’espérance.

Dans un ton parfois direct et interpellateur, Mgr Manga a invité les femmes elles-mêmes à être les premières artisanes du changement, tout en demandant aux prêtres de veiller à la mise en œuvre effective des décisions pastorales prises par l’Église diocésaine.

Mais l’homélie ne s’est pas limitée à la seule question du veuvage. L’évêque a également lancé un vibrant appel en faveur des orphelins et des étrangers, dénonçant avec force les réflexes de rejet et de stigmatisation qui gagnent certaines sociétés contemporaines.

Il a mis en garde contre la montée de la xénophobie et contre cette tendance consistant à considérer l’étranger comme responsable de tous les maux. Pour lui, une telle attitude est en contradiction avec l’Évangile, qui commande l’accueil, le respect et la protection de l’autre.

« Les chrétiens que nous sommes devons lutter contre la xénophobie, le refus de l’étranger. Nous devons protéger l’étranger », a-t-il déclaré, rappelant que la dignité humaine ne dépend ni de l’origine, ni de la nationalité, ni de l’appartenance communautaire.

À travers ce message fort, l’évêque a ainsi dessiné les grandes orientations spirituelles et pastorales de la nouvelle année diocésaine. Une année qu’il souhaite placée sous le signe de la solidarité, de la fraternité et de l’attention aux plus fragiles.

En appelant les fidèles à défendre les veuves, soutenir les orphelins et accueillir les étrangers, Mgr Jean Baptiste Valter Manga a rappelé que la crédibilité de l’Église se mesure d’abord à sa capacité à protéger ceux que la société expose le plus à la souffrance et à l’exclusion. Une invitation à faire de la compassion et de la justice les véritables fondements de l’action pastorale dans le diocèse de Ziguinchor.

Extrait vidéo

Author: La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *