Niaguis accueille une importante rencontre continentale dédiée à l’agroécologie paysanne. Organisée par le mouvement Nous Sommes la Solution (NSS) avec l’appui de Thousand Currents, cette initiative réunit des femmes rurales, des producteurs agricoles et des partenaires de 23 pays africains autour d’un objectif commun : harmoniser les visions et renforcer le plaidoyer en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de la santé des populations et de l’environnement.

À Niaguis, dans le département de Ziguinchor, des femmes rurales venues de 23 pays africains ont convergé pour participer à une rencontre internationale consacrée à l’agroécologie paysanne. Portée par le mouvement Nous Sommes la Solution (NSS) et soutenue par l’organisation Thousand Currents, cette rencontre ambitionne de jeter les bases d’une compréhension commune des principes et des enjeux de l’agroécologie sur le continent africain.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le sous-préfet de l’arrondissement de Niaguis, Massamba Mbaye, en présence de responsables d’organisations paysannes, de leaders communautaires, de partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreuses femmes agricultrices venues des différentes sous-régions africaines.
Pour la présidente de Nous Sommes la Solution, Mariama Sonko, cette rencontre marque une étape importante dans le processus de consolidation du mouvement agroécologique africain.

« Aujourd’hui, les définitions autour de cette pratique sont différentes. Nous pensons que nous devons parler le même langage et avoir la même compréhension de la thématique », a-t-elle déclaré.
Selon elle, l’un des principaux objectifs de la rencontre est de permettre aux différents réseaux engagés dans l’agroécologie de partager leurs expériences et d’identifier les principes communs qui fondent cette approche agricole.
« Le but est vraiment qu’on parle le même langage par rapport à cette thématique. Ce sont de grands réseaux présents dans les cinq sous-régions de l’Afrique et même au-delà qui travaillent autour de cette question », a précisé Mariama Sonko.
Pour la responsable du mouvement, l’harmonisation des approches constitue une étape incontournable avant d’engager un plaidoyer plus structuré auprès des décideurs politiques.
« La finalité, c’est d’abord que nous-mêmes, en tant qu’acteurs, nous parlions le même langage. Ensuite, il s’agit d’amener les décideurs à prendre en compte cette pratique dans les politiques agricoles nationales et régionales », a-t-elle souligné.
Au cœur de cette vision, la santé des populations et la préservation de l’environnement occupent une place centrale.
« La plus-value aujourd’hui pour nous, c’est la santé des consommateurs, mais aussi celle de l’environnement et de l’écosystème. Nous devons penser à la santé des êtres vivants avant de penser au profit », a insisté la présidente de NSS.
Elle estime que les dérèglements climatiques, la dégradation progressive des terres et l’apparition de nombreuses maladies liées aux modes de production actuels démontrent l’urgence d’une transition vers des systèmes agricoles plus respectueux de la nature.
De son côté, la vice-présidente des programmes mondiaux de Thousand Currents, Zanelle Sibanda, a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner les communautés rurales qui développent des solutions durables à partir de leurs propres réalités.

« Depuis plus de quarante ans, nous croyons profondément au pouvoir des communautés. Nous croyons en leur capacité à comprendre les défis auxquels elles font face, à identifier elles-mêmes les solutions et à agir collectivement pour résoudre leurs problèmes », a-t-elle déclaré.
Pour elle, l’agroécologie constitue aujourd’hui une réponse concrète aux multiples défis auxquels le continent est confronté, notamment les sécheresses, les inondations, la dégradation des ressources naturelles et les enjeux liés à la sécurité alimentaire.
« L’agroécologie permet de restaurer les sols, de préserver les ressources en eau, de réduire la dépendance aux intrants coûteux et de renforcer la résilience des exploitations agricoles face aux changements climatiques », a expliqué Mme Sibanda.
Elle a également mis l’accent sur le rôle déterminant des femmes rurales dans la transformation des systèmes alimentaires africains.
« Les femmes agricultrices produisent la nourriture, nourrissent nos familles et renforcent nos communautés. Elles doivent être au centre des politiques de développement agricole », a-t-elle plaidé.
S’adressant aux gouvernements africains, la responsable de Thousand Currents a appelé à des partenariats plus solides entre les pouvoirs publics et les initiatives communautaires afin de favoriser le développement de politiques agricoles soutenant l’agroécologie, la recherche et les infrastructures rurales.
Le sous-préfet de l’arrondissement de Niaguis, Massamba Mbaye, a salué l’engagement des femmes rurales et des jeunes agriculteurs dans la promotion d’une agriculture durable, à l’ouverture de cette rencontre.

« Vous êtes le cœur battant de l’agriculture africaine. Les réseaux de productrices que vous représentez démontrent chaque jour que l’agroécologie est une réponse concrète à la pauvreté, un levier d’émancipation et le meilleur bouclier pour protéger notre biodiversité », a-t-il déclaré.
L’autorité administrative a invité les participants à renforcer la coopération entre les différentes organisations présentes afin de construire des réponses communes aux défis agricoles du continent.
« Ensemble, montrons au monde que l’agroécologie paysanne africaine n’est pas une mode passagère mais la science du futur », a-t-il lancé avant de déclarer officiellement ouverte cette rencontre internationale.
Pendant cinq jours, les délégations venues notamment du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, de la Tanzanie, de la Guinée, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Namibie, de la Zambie et du Zimbabwe entre autres vont partager leurs expériences, mutualiser leurs connaissances et élaborer des stratégies communes pour renforcer l’agroécologie paysanne en Afrique.

À travers cette rencontre de Niaguis, les femmes rurales africaines entendent faire entendre une voix forte et unie en faveur d’une agriculture familiale résiliente, capable de garantir la souveraineté alimentaire des peuples tout en préservant les ressources naturelles du continent pour les générations futures.








