Casamance : Amy Mara Dièye magnifie le rôle des femmes transformatrices et renforce la modernisation de la filière pêche avec l’appui de la FAO et du Japon

Ce vendredi 23 octobre 2026 à Ziguinchor, le gouvernement du Sénégal, la FAO et le gouvernement du Japon ont franchi une nouvelle étape dans leur engagement en faveur des communautés de pêche de la Casamance avec la remise officielle de matériels destinés aux femmes transformatrices de poisson et d’embarcations au profit des Comités locaux de pêche artisanale (CLPA). Une cérémonie marquée par un vibrant hommage rendu aux femmes de la filière par la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, qui a insisté sur leur rôle central dans l’économie halieutique nationale.

Devant les autorités administratives, les élus territoriaux, les partenaires techniques et financiers ainsi que les bénéficiaires, la ministre a livré un témoignage personnel pour illustrer son attachement au secteur. « Avant de connaître le secteur de la pêche dans les dossiers ministériels, je l’ai connue au marché », a-t-elle rappelé, évoquant son expérience de jeunesse au marché central de Kaolack durant les vacances scolaires.

Un souvenir qui nourrit aujourd’hui sa compréhension des réalités vécues par les femmes du secteur. « Je sais ce que le travail du poisson peut représenter dans une famille : les dépenses du quotidien, la scolarité d’un enfant, la possibilité de poursuivre ses projets », a-t-elle confié, soulignant ainsi l’importance économique et sociale de cette activité pour des milliers de ménages sénégalais.

La cérémonie s’inscrivait dans le cadre du projet ANARÉ DIFAL, financé par le gouvernement du Japon et mis en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Amy Mara Dièye a exprimé, au nom du président de la République et de l’ensemble du gouvernement, sa profonde gratitude au peuple japonais pour son soutien constant aux communautés côtières du Sénégal. Elle a également salué l’appui de la Banque mondiale à travers le projet SENDREM, qui a permis l’acquisition des embarcations destinées aux structures locales de gestion de la pêche.

Pour la ministre, ces partenariats trouvent leur véritable sens lorsqu’ils se traduisent par une amélioration concrète des conditions de travail et des revenus des populations. S’adressant directement aux femmes transformatrices, elle a reconnu leur professionnalisme et leur contribution essentielle à la sécurité alimentaire nationale.

« Vous maîtrisez des techniques, vous organisez des productions, vous approvisionnez les marchés par votre travail, vous créez de la valeur et vous contribuez à la sécurité alimentaire de notre pays », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois rappelé que ces actrices majeures de la filière restent confrontées à de nombreuses difficultés liées aux équipements, à la conservation des produits, à la qualité sanitaire et à l’accès aux marchés.

C’est précisément pour répondre à ces défis que les équipements remis ce jour ont été acquis. Selon la ministre, ils devront contribuer à alléger les tâches des bénéficiaires, réduire les pertes post-capture, améliorer l’hygiène et la qualité des produits transformés, mais aussi renforcer la productivité et les revenus. « C’est sur ces améliorations concrètes que se mesurera la réussite du projet », a-t-elle insisté.

La responsable des pêches a également mis l’accent sur la nécessité de préserver durablement les ressources halieutiques, condition indispensable à la pérennité de toute la filière. Elle a ainsi rappelé que le renforcement des capacités des CLPA à travers la remise d’embarcations vise à améliorer la surveillance et la gestion locale des ressources.

« La ressource fait vivre la filière. Sa préservation engage chacun de nous », a-t-elle affirmé, invitant les acteurs locaux à assurer une gestion rigoureuse des équipements reçus, à veiller à leur entretien et à garantir leur utilisation conforme aux objectifs assignés.

Intervenant à son tour, la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentante de la FAO au Sénégal, Bintia Stephen-Tchicaya, a salué l’excellence du partenariat entre le Sénégal, le Japon et l’agence onusienne. Elle a rappelé que le projet ANARÉ DIFAL a été conçu pour renforcer durablement les moyens d’existence des communautés côtières tout en favorisant l’autonomisation économique des femmes.

La représentante de la FAO a insisté sur le rôle stratégique joué par les femmes dans la transformation, la conservation et la commercialisation des produits halieutiques. Selon elle, malgré leur contribution décisive aux revenus des ménages et à la sécurité alimentaire, elles continuent de faire face à des contraintes importantes qui limitent leur plein potentiel économique.

« Le matériel que nous remettons aujourd’hui constitue un appui concret qui permettra d’améliorer les conditions de travail, de réduire les pertes, de renforcer la qualité sanitaire des produits transformés et d’accroître les revenus des bénéficiaires », a-t-elle déclaré.

Au-delà de la distribution de matériel, la FAO considère cette initiative comme un investissement dans le capital humain, le savoir-faire local et l’avenir des communautés de pêche de la Casamance. L’organisation a ainsi réaffirmé sa volonté de continuer à promouvoir des systèmes alimentaires bleus plus durables, inclusifs et résilients, tout en soutenant l’égalité des genres et la création d’opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.

À travers cette cérémonie, les partenaires ont réaffirmé leur ambition commune de moderniser la pêche artisanale, de renforcer les capacités des organisations locales et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations dépendantes de la filière halieutique. Un engagement que la ministre Amy Mara Dièye a conclu par un message empreint d’émotion et de reconnaissance à l’endroit des bénéficiaires : « Je connais la valeur du travail que vous accomplissez. Je souhaite que ces équipements vous permettent de l’exercer dans les meilleures conditions et d’en recueillir pleinement les fruits. »

Author: La rédaction

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