Nécrologie : l’artiste ivoirien Gbizié Troupa Bruno, dit Zoumana, s’est éteint à Abidjan
La Côte d’Ivoire vient de perdre l’un de ses plus grands monuments du théâtre et de la comédie populaire. Gbizié Troupa Bruno, connu du grand public sous le nom de Zoumana, est décédé ce samedi 22 août 2026 à Abidjan, des suites d’une longue maladie. Figure emblématique de “Faut pas fâcher” et de “Théâtre chez nous”, il a marqué plusieurs générations par son humour, sa créativité et sa capacité à transformer les réalités sociales en scènes mémorables.

Né à Divo, Zoumana découvre très tôt sa passion pour le théâtre au Lycée moderne de la ville, où il se distingue aux côtés de Fargass Assandé. C’est là qu’il adopte son nom de scène, inspiré d’un personnage qu’il incarne et qui deviendra son identité artistique. Dans les années 1980 et 1990, il se révèle au grand public grâce à “Théâtre chez nous”, émission culte qui popularise le théâtre ivoirien et lui offre une notoriété nationale.
Son talent explose véritablement avec “Faut pas fâcher”, série humoristique devenue culte dans les années 1990-2000. Aux côtés de Djiedjuessi, il incarne un couple fictif dont les dialogues savoureux et les situations comiques reflétaient avec humour les réalités quotidiennes des foyers ivoiriens. Ce duo reste gravé dans la mémoire collective comme l’un des plus marquants de la télévision ivoirienne.
Au fil de sa carrière, Zoumana collabore avec des figures majeures telles qu’Adrienne Koutouan, Marie-Louise Asseu, Gbi de Fer et Omega David, consolidant sa place dans le cercle des grands comédiens ivoiriens. Son style unique — gestuelle expressive, accent marqué, répliques cultes — devient une signature artistique et inspire une nouvelle génération d’acteurs et de cinéastes.

Reconnu officiellement pour sa contribution à la culture nationale, il est élevé en 2022 au grade d’Officier de l’Ordre du Mérite culturel ivoirien et reçoit la même année un prix honorifique au PRIMUD pour l’ensemble de sa carrière. Ces distinctions consacrent son rôle de pionnier et de bâtisseur du théâtre populaire ivoirien.
Affaibli par un AVC, il s’éloigne progressivement des plateaux, mais reste une figure respectée et honorée jusqu’à ses derniers jours. Son décès, annoncé par la ministre de la Culture Françoise Remarck, a suscité une vague d’émotion et de témoignages dans le monde culturel. Les hommages rappellent son rôle de pionnier et soulignent la précarité des artistes ivoiriens, tout en célébrant l’héritage qu’il laisse derrière lui.
Zoumana s’en est allé, mais son œuvre demeure. Ses personnages, ses répliques et son humour continuent de vivre dans la mémoire des Ivoiriens et dans l’histoire du théâtre africain. À travers chaque caméra qui tourne et chaque scène qui s’écrit, l’ombre bienveillante de Zoumana restera présente

.Casamance info présente ses condoléances à la communauté ivoirienne et au monde du 7e art ivoirien en particulier.






