Guinée-Bissau : ANAPROMED dénonce le harcèlement sexuel et les violations des droits des travailleuses domestiques

Guinée-Bissau : ANAPROMED dénonce le harcèlement sexuel et les violations des droits des travailleuses domestiques

La voix des travailleuses domestiques s’est élevée avec force ce 16 juin 2026. À l’occasion de la Journée internationale qui leur est dédiée, l’Association nationale pour la protection des tra6ty 4l vailleuses domestiques (ANAPROMED) a dénoncé les abus persistants qui frappent cette catégorie professionnelle essentielle mais marginalisée. Harcèlement sexuel, salaires impayés, absence de protection sociale : autant de violations des droits humains que son président, Sene Bacai Cassamá, a qualifiées de « mort lente » pour des milliers de femmes.

Dans son discours, Cassamá a rappelé que la devise de cette journée, « Kuida di kin ku ta kuida di bo » (“Prends soin de celle qui prend soin de toi”), doit être comprise comme un appel à la reconnaissance et au respect. « Les deux phrases dépendent l’une de l’autre », a-t-il insisté, soulignant que sans les travailleuses domestiques, la société guinéenne ne pourrait fonctionner.

Un constat alarmant : “Une mort lente”

Le président d’ANAPROMED a dressé un tableau sombre de la situation : 38 travailleuses domestiques décédées sans que leurs droits aient été respectés, 97 % non enregistrées et privées de protection sociale, et 85 % des assistants de service général dans les écoles publiques sans contrat écrit, travaillant plus de huit heures par jour en violation de la loi.

« Il y a des employés de maison qui continuent de percevoir entre 8 000 et 15 000 francs CFA », a dénoncé Cassamá, ajoutant que les licenciements abusifs sont devenus une pratique courante.

Face à ce constat, ANAPROMED exige que l’État guinéen ratifie les conventions 189 et 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui garantissent la protection des travailleurs domestiques et la lutte contre les violences et le harcèlement au travail.

De son côté, Djibril Sana Sanhá, représentant le ministre de la Fonction publique, a salué le rôle fondamental joué par ces travailleurs dans le fonctionnement des institutions publiques et privées. Il a encouragé ANAPROMED à poursuivre ses actions pour la dignité et la reconnaissance sociale de cette profession, qualifiée de « très importante pour la vie collective ».

Author: Casamance Info

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