Entre nostalgie et engagement, les anciens élèves de la promotion 1996 ont retrouvé leur maître et leur école d’enfance à Francisco Carvalho. Une journée d’excellence qui, au-delà des souvenirs, met en lumière les défis scolaires de Ziguinchor et trace la voie d’une réussite possible malgré les crises.

Un retour aux sources chargé d’émotion
À l’école d’application Francisco Carvalho de Ziguinchor, la journée d’excellence organisée par les anciens élèves de la promotion 1996 a marqué un moment fort. Autour de leur maître, Mamadou Fall, les anciens ont renoué avec leur royaume d’enfance, ce lieu de mémoire où s’est forgée leur trajectoire, pour encourager les jeunes générations à croire en leurs rêves et à viser l’excellence.

Des valeurs transmises aux jeunes générations
Amadou Kane Beye, représentant des anciens, a rappelé que cette initiative vise à « galvaniser les élèves sur le chemin de l’excellence » et à leur transmettre des valeurs essentielles comme la discipline et le goût de l’effort. Les anciens ont offert des fournitures scolaires — sacs, cahiers, matériels géométriques et kits de travaux pratiques — afin de soutenir concrètement les apprenants dans leur parcours.
Des défis persistants dans l’école à Ziguinchor
Derrière cette célébration se dessinent les difficultés structurelles : infrastructures vétustes, manque de moyens, conditions de travail précaires pour les enseignants. « Il faut aimer l’école avant de la servir », a insisté M. Fall, exprimant sa fierté de voir ses anciens élèves revenir pour soutenir l’établissement.

Les grèves, un frein à l’excellence
M. Fall n’a pas manqué de rappeler que les grèves cycliques, qui reviennent chaque année, perturbent gravement le rythme scolaire et fragilisent les performances des élèves. Pour lui, la sortie de crise passe par un dialogue sincère entre l’État et les enseignants, afin de placer ces derniers dans des conditions de travail acceptables. « On ne peut pas tout avoir, mais il faut des conditions minimales pour que les enseignants puissent accomplir leur mission », a-t-il souligné, appelant à des efforts conjoints pour surmonter les blocages.

Un héritage vivant pour l’avenir
Ce retour au royaume d’enfance n’est pas seulement une rencontre nostalgique. Il devient une source d’émulation pour les jeunes. En voyant leurs aînés, désormais adultes et engagés, revenir avec reconnaissance et solidarité, les élèves comprennent que l’école est une semence qu’il faut cultiver avec persévérance.
Comme le disait Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». À Ziguinchor, cette arme prend la forme d’un héritage vivant : celui des anciens élèves qui, en revenant sur les bancs de leur enfance, rappellent aux jeunes que l’excellence est un chemin possible, malgré les obstacles et les crises.


Max Euclide KANFANY







