La célébration de la Journée internationale de la femme rurale à Oulampane a pris cette année une dimension particulière. Entre plaidoyer pour l’accès des femmes à la terre, exposition de produits locaux transformés et lancement officiel des activités du CRSFPC/USOFORAL dans le cadre du projet Voix et Leadership des Femmes Renouvelé Sénégal (VLFR-SEN), les femmes rurales de Casamance ont porté un message fort en faveur de leurs droits économiques et de leur participation aux instances de décision.

À Oulampane, les femmes rurales ont choisi de transformer leur journée internationale en un puissant cadre de dialogue, de plaidoyer et de mobilisation. Réunies autour des autorités administratives, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations communautaires, elles ont réaffirmé leur volonté de jouer pleinement leur rôle dans le développement économique et social de la Casamance.
L’événement, organisé par le Comité Régional de Solidarité des Femmes pour la Paix en Casamance (CRSFPC/USOFORAL), a également servi de rampe de lancement aux activités du projet Voix et Leadership des Femmes Renouvelé Sénégal (VLFR-SEN) dans sa composante « Accès aux ressources », mise en œuvre avec l’appui d’Oxfam Sénégal et le financement d’Affaires Mondiales Canada.
Dès l’ouverture de la cérémonie, la présidente de la Fédération des femmes d’Oulampane et du REFEC, Adama Lo Goudiaby, a donné le ton. Rendant hommage au courage et au travail quotidien des femmes rurales, elle a rappelé leur rôle déterminant dans l’agriculture, l’élevage, la transformation des produits locaux et le commerce. Mais derrière cette contribution essentielle à la sécurité alimentaire et à l’économie familiale se cache une réalité préoccupante : la difficulté persistante d’accéder à la terre.

Face aux autorités présentes, elle a lancé un appel direct pour que les femmes puissent bénéficier d’espaces agricoles leur permettant de développer leurs activités et de renforcer leur autonomie économique.
Cette revendication constitue justement l’un des principaux enjeux du projet VLFR-SEN. Présentant les grandes orientations de cette initiative, les responsables du programme ont expliqué que l’objectif est de permettre aux femmes rurales d’accéder plus facilement aux facteurs de production, aux financements, aux ressources naturelles et aux mécanismes de prise de décision.
Selon Sanoussi Camara Diédhiou, responsable du projet, l’intervention va s’articuler autour de plusieurs axes majeurs : l’accompagnement des groupements féminins dans leurs démarches d’accès à la terre, le développement de parcelles communautaires, le renforcement des unités de transformation des produits locaux, l’amélioration de l’accès à l’eau, aux équipements et aux intrants agricoles, ainsi que le soutien aux initiatives économiques portées par les femmes.

Au-delà de l’aspect économique, le projet entend également agir sur les barrières socioculturelles qui limitent encore les droits fonciers des femmes. Un travail de sensibilisation et de dialogue sera mené avec les autorités coutumières, religieuses et les leaders communautaires afin de favoriser une meilleure reconnaissance des droits des femmes en matière de terre, d’héritage et de contrôle des ressources.
Le programme s’intéressera également à la participation féminine dans la gouvernance locale. Il s’agira notamment d’encourager une présence accrue des femmes dans les commissions domaniales et dans les mécanismes de gestion des ressources naturelles.
Pour Mamadou Sow, responsable des programmes à l’USOFORAL, les femmes doivent aussi pouvoir bénéficier davantage des retombées économiques issues de l’exploitation des ressources extractives présentes dans certaines zones de la Casamance. Le projet prévoit ainsi des actions de plaidoyer afin de favoriser leur implication dans les débats et les mécanismes de partage des bénéfices liés à ces ressources.

D’une durée de cinq ans, le projet ambitionne également de renforcer les capacités des organisations féminines et des défenseuses des droits des femmes afin qu’elles deviennent des actrices influentes dans les processus de décision et de développement local.
Prenant la parole au nom d’Oxfam Sénégal, Léon Huchard a souligné que l’égalité d’accès aux ressources et au pouvoir de décision constitue une condition indispensable à un développement juste et durable.

Il a salué le travail réalisé par l’USOFORAL auprès des communautés et réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner les femmes rurales dans leur quête d’autonomisation.
Le représentant de l’État, Amadou Thialle, adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Sindian, a pour sa part salué une initiative qui s’inscrit pleinement dans les priorités nationales en matière d’inclusion sociale, d’égalité des chances et de promotion du leadership féminin. Réitérant le soutien de l’administration, il a officiellement lancé les activités du projet dans la zone d’intervention.

Moment fort de la journée, une exposition de produits transformés par les groupements féminins a permis aux participantes de mettre en lumière leur savoir-faire dans la valorisation des produits locaux. Jus, céréales transformées, produits maraîchers et autres dérivés agricoles ont illustré le dynamisme économique des femmes de la commune et leur capacité à créer de la valeur à partir des ressources locales.
À travers cette célébration, Oulampane a envoyé un signal fort : les femmes rurales de Casamance ne veulent plus être de simples bénéficiaires des politiques de développement. Elles réclament désormais un accès réel à la terre, aux ressources productives, aux financements et aux espaces de gouvernance afin de contribuer pleinement à la transformation économique et sociale de leurs communautés.











